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Colloque sur le marché de la beauté vs l'enjeu de la santé publique

Image corporelle des femmes

Article mis en ligne le 11 décembre 2006 à 10:00
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Colloque sur le marché de la beauté vs l'enjeu de la santé publique
Image corporelle des femmes
À la suite du récent colloque pour un changement social intitulé «Le marché de la beauté... un enjeu de santé publique», le Réseau québécois d'action pour la santé des femmes (RQASF) dévoile ses premières conclusions, parmi lesquels on espère la mise en place d'un code d'éthique et de règles de conduite pour l'industrie de la mode et de la beauté.
Comme l'a souligné à plusieurs reprises Carole Théberge, ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine, lors du discours de clôture de l'évènement, le consensus social est dorénavant manifeste. «La démonstration du problème est faite, l'heure est à l'action.»

Près de 200 personnes, hommes et femmes, représentantes de milieux très variés, également convaincues qu'il est temps d'agir, ont participé aux activités du colloque. Plusieurs pistes de solutions pour contrer la marchandisation du corps féminin ont émergé des débats entourant les quatre panels présentés lors du colloque. En voici les grandes lignes:

* Organisé par le Y des femmes de Montréal, le premier panel traitant d'hypersexualisation des jeunes filles a sidéré bon nombre de personnes présentes. Sans faire l'unanimité, le sujet discuté dans les ateliers de travail qui ont suivi le débat principal ont mené à la proposition d'un «code d'éthique de l'enfance». On y voit un élément de réponse aux défis actuels. Le tout a quand même permis de dégager deux consensus affirme Lilia Goldfarb, cheffe des services de leadership et coordonnatrice du projet sur la sexualisation des filles au Y des femmes de Montréal-YWCA. En effet, «l'urgence d'agir dès maintenant» et «l'importance d'impliquer toutes les instances de la société» ont rallié tout le monde. Un comité de travail sera donc constitué afin d'analyser les diverses pistes de solution soulevées et de développer, s'il y a lieu, une stratégie d'action provinciale.

* À l'issu du panel sur «l'industrie de l'amaigrissement», Martine Haviernick, directrice générale du Conseil québécois sur le poids et la santé (CQPS) conclut: «la nécessité d'une future réglementation des produits, services et moyens amaigrissants (PSMA) fait consensus. Ces produits sont, pour la majorité, inefficaces ou même dangereux. Les PSMA contribuent à l'augmentation de la préoccupation excessive à l'égard du poids et, aussi, à l'accroissement des problèmes de surpoids.» Selon Mme Haviernick, «ce sont deux raisons majeures pour voir à un meilleur encadrement. Les bonnes habitudes de vie, dont font partie les saines pratiques de contrôle du poids, seront favorisées par un meilleur environnement législatif autour des PSMA.» Le CQPS ira donc de l'avant afin de s'assurer que cette question soit sur les diverses tables de travail.

* Les enjeux sociaux et de santé révélés dans le cadre du panel portant sur les interventions esthétiques en ont surpris plusieurs. À l'issu des ateliers de travail qui ont suivi, Lydya Assayag, directrice du RQASF, confirme que «la constitution d'un registre officiel public des incidents liés aux interventions esthétiques réalisées au Québec a obtenu un très large consensus». Mme Assayag conclut que «cette question doit absolument être documentée car il y a urgence de mieux informer les femmes». D'ici quelques semaines, le RQASF élaborera et déposera une série de recommandations aux diverses instances concernées.

* Selon La Meute-MédiAction, organisme qui a présenté le panel sur l'image de la femme dans la publicité, «il est clair qu'au Québec, nous avons assisté à une recrudescence des publicités sexistes dans les 15 dernières années.» La Meute-MédiAction invite donc toutes les personnes voulant participer à la création d'un groupe de vigilance québécois à s'inscrire auprès d'elle pour assister à la première réunion qui aura lieu le 21 février 2007. Elle invite également la population à signer sa pétition en ligne «Non à l'exploitation du corps des femmes» www.lameute.org) déjà endossée par 22 000 personnes et qui sera déposée à l'Assemblée Nationale dans les prochains jours. Ces deux actions se font en collaboration avec La Centrale des syndicats du Québec.

L'intérêt et la mobilisation suscités par ce colloque confirment une tendance fondamentale que la Campagne nationale d'action, «Audacieuses le défi d'être soi», avait déjà permis d'observer. La société québécoise veut des changements significatifs et durables quant au traitement de l'image corporelle des femmes.
À propos du RQASF
Le Réseau québécois d'action pour la santé des femmes est un organisme provincial multidisciplinaire dont la mission est de travailler, dans une perspective féministe, à l'amélioration de la santé physique et mentale des femmes, ainsi que de leurs conditions de vie. L'organisme compte plus d'une centaine de membres associatifs et une cinquantaine de membres individuels à travers le Québec. Information: www.rqasf.qc.ca

* (Source: RQASF)

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