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Les Conservateurs n'ont pas livré la marchandise selon le chef du Bloc

Un an après les engagements de Québec de Stephen Harper, Gilles Duceppe fait le bilan

Article mis en ligne le 11 décembre 2006 à 14:20
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Les Conservateurs n'ont pas livré la marchandise selon le chef du Bloc
Un an après les engagements de Québec de Stephen Harper, Gilles Duceppe fait le bilan
Devant les membres de la Chambre de commerce de Québec, Gilles Duceppe a dressé un bilan négatif du gouvernement conservateur, un an après le discours de Québec où Stephen Harper avait multiplié les engagements auprès des Québécoises et des Québécois.
«Dans son discours, Stephen Harper faisait quatre grandes promesses: éliminer le déséquilibre fiscal; faire une place au Québec au sein de l’UNESCO selon le modèle de la francophonie; adopter une charte du fédéralisme d’ouverture et réformer la Constitution pour réintégrer le Québec. Or, un an pratiquement jour pour jour après le discours de Québec, le premier ministre n’a rempli aucune de ces promesses», a relaté Gilles Duceppe.
Déséquilibre fiscal: des reculs
Bien que Stephen Harper ait réitéré son engagement à régler le déséquilibre fiscal lors du discours du Trône, puis lors du dernier discours du Budget, où il précisait même qu’il apporterait un règlement dès le budget suivant, Gilles Duceppe a souligné que le gouvernement conservateur va de recul en recul.
«Stephen Harper a annulé la conférence des premiers ministres qui devait débattre de la question et l’essentiel de ses déclarations sur le sujet n’ont visé qu’à abaisser les attentes. Le 26 septembre dernier, le premier ministre a finalement déclaré à Bernard Derome qu’il n’éliminerait plus le déséquilibre fiscal au prochain budget. Non seulement il n’a pas commencé le travail, mais il a accentué le déséquilibre fiscal en déchirant l’entente sur les garderies», a déploré le chef du Bloc Québécois.

«Stephen Harper savait pourtant à quoi il s’engageait quand il a promis de régler le déséquilibre fiscal. Pour le Québec, ça signifie hausser les transferts pour l’éducation postsecondaire, réformer le système de péréquation, compenser le manque à gagner pour les garderies et remplir la promesse fédérale de hausser à 25 % sa contribution pour les dépenses de santé. Tout cela s’élève au minimum à 3,9 milliards $ par année pour le Québec. Dans le prochain budget, le gouvernement devra également faire une proposition pour transférer des champs fiscaux à Québec en plus d’encadrer le pouvoir fédéral de dépenser, comme il l’avait promis, ce qui veut dire un droit de retrait inconditionnel avec pleine compensation pour le Québec», a poursuivi Gilles Duceppe.
Autres promesses brisées
Gilles Duceppe a également rappelé que Stephen Harper avait promis d’offrir une place au Québec au sein de l’UNESCO, selon le modèle de la francophonie, ce qui signifie un statut d’État participant de plein droit dans ses compétences. «Or, c’est en fait une chaise de complaisance au sein de la délégation canadienne que le Québec s’est vu offrir», a lancé Gilles Duceppe.
«À Québec, Stephen Harper s’était également engagé à adopter une charte du fédéralisme d’ouverture, mais est-ce que quelqu’un a entendu parler d’une telle charte depuis un an? Il a terminé ce bouquet d’engagements en promettant de maintenir une attitude d’ouverture visant à intégrer le Québec dans la Constitution, prenant le soin d’ajouter: "…quand les circonstances le permettront".»

«Je me demande quand, précisément, les circonstances le permettront quand on sait qu’une écrasante majorité de Canadiens s’opposent à une motion de la Chambre des communes sur la nation québécoise? La réponse, c’est probablement jamais!»
Conservateurs à Québec
Gilles Duceppe a déploré le piètre dossier des conservateurs dans la région de Québec. «Stephen Harper promettait de régler quatre grands dossiers à Québec. Or, le centre de tri postal a déménagé, le zoo a fermé et, quant au Pont de Québec, il est toujours à moitié peinturé. Il n’y a que l’aéroport qui a obtenu des fonds afin de procéder à son agrandissement. Or, quelques mois après cette annonce, les conservateurs ont annihilé les effets positifs de cette mesure pour l’économie de Québec en décidant d’abolir le programme de remboursement de la TPS pour les touristes étrangers, frappant de plein fouet l’industrie touristique et en particulier l’industrie des congrès.»
«Stephen Harper avait promis une équipe très forte de candidats à Québec. Mais l’équipe conservatrice à Québec est en panne. En panne d’idées, en panne de leadership et en panne d’ambition pour Québec», a repris Gilles Duceppe.

«Il y a un an, Stephen Harper déclarait: "Les libéraux ne veulent pas, le Bloc ne peut pas, seuls les conservateurs vont le régler". Un an plus tard on doit dire ceci: les libéraux ne veulent pas, les conservateurs ne livrent pas, il n’y a que le Bloc qui se tient debout pour le Québec. Le 19 décembre dernier, monsieur Harper a créé beaucoup d’espoirs chez les Québécoises et les Québécois. Un an plus tard ces espoirs se sont transformés en immense déception. Non seulement le gouvernement Harper n’a pas livré la marchandise, mais il a fait régresser le Québec», a poursuivi Gilles Duceppe.
Droite idéologique
«Ce que Stephen Harper n’a cependant pas dit dans son discours de Québec, c’est à quel point son parti reste sous l’emprise de la droite idéologique. Jamais n’a-t-il par exemple laissé entendre qu’il allait couper dans les budgets ciblant les groupes les plus vulnérables, touchant la condition féminine par exemple ou encore les francophones hors Québec. Jamais, également, il n’a laissé entendre qu’il allait prolonger la mission canadienne en Afghanistan dans la précipitation et qu’il allait, ce faisant, lui donner une orientation essentiellement offensive et donc militaire», a repris le chef du Bloc Québécois.
Survie du gouvernement: des incontournables pour le Bloc
«Durant les semaines et les mois à venir, il y a trois questions fondamentales sur lesquelles le Bloc Québécois ne transigera pas. Il y a d’abord le règlement global du déséquilibre fiscal, sans lequel, le Bloc Québécois n’appuiera pas le budget. Il y a ensuite le respect des engagements internationaux du Canada en ce qui concerne le Protocole de Kyoto. Les mesures doivent être mises en œuvre selon une approche territoriale équitable et prévoir également le transfert à Québec des 328 M$ nécessaires à la mise en œuvre du plan vert québécois. Il y a enfin la nécessité de rééquilibrer la mission canadienne en Afghanistan afin d’éviter l’enlisement dans lequel elle semble se diriger. Si Stephen Harper refuse d’effectuer ces changements, et demeure incapable d’obtenir des renforts de l’OTAN, nous n’hésiterons pas à retirer notre appui et, s’il le faut, à défaire son gouvernement sur la question afghane», a conclu Gilles Duceppe.

* (Source: Cabinet du chef du Bloc Québécois)

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