L’identité québécoise n'est pas à vendre
À Cambridge en 1992, devant Pierre Trudeau et un fort groupe de juges canadiens dont j’étais, le professeur Yoram Dinstein, alors président de l’université de Tel Aviv, en Israël, une autorité incontestable en droit international, a affirmé tout haut, que le Québec constituait de toute évidence, un Peuple (people en anglais signifie nation) sinon, il n’y en avait aucun autre sur la terre. (If Quebec is no people, there is none on earth)
M. Trudeau, contrarié par l’affirmation, leva la main et lui demanda ironiquement: «et les Palestiniens du Golan, monsieur le professeur, constituent-ils un peuple eux aussi?» Et le savant professeur de lui répondre devant tout le groupe: «certainement M Trudeau, et je dois vous ajouter qu’ils le sont encore plus, depuis que nous avons créé l’état d’Israël.»
Les Canadiens-juifs, qui sont très nombreux aux alentours des libéraux, et dont les ancêtres ont parcouru le monde pendant des siècles, avant de s’apercevoir avec l’Israël d’aujourd’hui, qu’il est super difficile de se refaire un vrai pays à soi-même, devraient expliquer au nouveau chef du Parti libéral du Canada, qu’il est sur une fausse piste, s’il croit que le Peuple québécois continuera d’accepter longtemps le joug du Canada.
L’identité de notre peuple repose depuis Champlain, sur 399 ans de vie commune, sur des vagues d’immigration d’origines diverses, sur une vie tricotée serrée aux alentours du Grand fleuve, sur l’humanisme de l’Évangile, et son histoire commune est pleine d’énormes injustices et spoliations de toutes sortes. C’est sa patience séculaire, et la nécessité de perdurer comme tel en français, qui a réussi à cimenter sa résistance à l’assimilation. Son identité n’est pas à vendre.
André Marceau, résidant de Québec, juge retraité de la Cour du Québec et vice-président de la Société historique de Québec