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Opposition à Rabaska: dérapage sur fond de démocratie

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Article mis en ligne le 24 novembre 2006 à 11:25
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Opposition à Rabaska: dérapage sur fond de démocratie
Le débat entourant le projet d'implantation du terminal méthanier à Lauzon, connaît présentement de sombres épisodes. Les menaces et le terrorisme environnemental semblent vouloir prendre le pas sur le pragmatisme et le respect des instances démocratiques déployées par le gouvernement avant de donner le feu vert à toute initiative susceptible de porter atteinte à l'environnement et à la qualité de vie des citoyens.
Des gens d'affaires qui refusent d'être identifiés publiquement (on les comprendrait à moins...) dénoncent l'intimidation à laquelle ils sont soumis parce qu'ils ont osé appuyer Rabaska. Ces commerçants de la Rive-sud sont confrontés, dans leur propre établissement, par des effrontés qui brandissent le spectre d'un boycottage en règle s'ils ne retirent pas leur appui au projet de terminal. «Si t'es pas avec nous, t'es contre nous et tu en subiras les conséquences...». Il faut être drôlement culotté pour ainsi menacer le gagne-pain de son voisin parce qu'il ne partage pas son opinion.

Pendant ce temps, à l'Île d'Orléans, l'Association des gens d'affaires contre le port méthanier (ACPM) s'amuse à inonder la planète de courriels invitant les croisiéristes potentiels à éviter la destination Québec en raison du risque que représente pour leur sécurité la proximité du port méthanier. Et vlan dans les dents de Ross Gaudreault qui, l'un des premiers, a soutenu Rabaska et qui est l'âme dirigeante du développement de l'industrie des croisières non seulement à Québec mais sur la Côte-Nord et au Saguenay.

Ceux qui fréquentent un tant soit peu les personnes âgées vous diront à quel point ils sont fragiles lorsqu'une menace se profile. Or, ils constituent la majorité des croisiéristes qui débarquent à Québec. Le geste irréfléchi de ces insulaires risque de provoquer des conséquences graves pour cette industrie encore naissante, par définition plus vulnérable. La riposte légale du maître du port est peut-être exagérée selon certains, mais dans le cadre du dérapage actuel, elle est nécessaire.
Groupuscule
Au fait, il conviendrait de s'interroger sur la représentativité de ces groupes. Qui sont-ils, combien de membres comptent-ils? J'ai déjà demandé à l'un de leurs dirigeants le nombre et la liste de ses membres sans obtenir de réponse autre qu'un vague balbutiement. Au cours d'une table-ronde tenue la semaine dernière à Montréal et dont le résumé vous sera livré en janvier prochain dans le cahier spécial VISION 2007 publié par Québec Hebdo, le président de la FTQ, Henri Massé déplorait vertement le poids politique que l'on accorde à ces groupes. «Ce ne sont pas les groupes populaires qui ont coulé le projet de Casino à Montréal, c'est le gouvernement qui n'a pas mis ses culottes», accusait-il. Il faut replacer ces gens dans leur juste perspective: ce sont des groupuscules qui forcent la réflexion et qui, ont le poids qu'on veut bien leur accorder.
Il faut admettre que les propos alarmistes de certains groupes environnementaux sont précieux. Ils obligent les promoteurs à revoir leur œuvre sous l'angle du bien public et, en bout de piste, ils ajoutent des gages de qualité de vie pour nos populations. Mais de là à ce qu'ils puissent compromettre des projets initiés par des entreprises crédibles et économiquement souhaitables, il y a tout un monde.

À cette même table-ronde, Françoise Bertrand, présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec, souhaitait le retour du balancier en matière d'examen de ces grands projets. À raison, elle soutenait que le Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) est tout à fait compétent dans l'analyse de ces projets, mais elle rappelait du même souffle que l'on doit aussi tenir compte du bagage socio-économique qui les accompagne.

Le retour du balancier souhaité par Mme Bertrand ou M. Massé, n'est absolument rien d'autre que de ramener la démocratie à l'un de ses fondements: le respect de la majorité. Quand Henri Massé annonce qu'il appuie Rabaska, il parle au nom de plus de 200 000 travailleurs syndiqués. Quand Françoise Bertrand va dans le même sens, elle entraîne avec elle des centaines de Chambre de commerce locale dont celle de Québec et ses 4 000 membres et celle de Lévis et son millier d'adhérents. Le respect des droits de la majorité mettra à la porte de ces honnêtes commerçants les fauteurs de troubles qui brandissent le spectre de la fin du monde et les terroristes d'Internet qui ont peur d'avoir peur et répandent leurs tristes sentiments à de vieilles personnes désireuses de passer d'agréables moments chez nous.

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