Gravée à la main par l'artiste d'origine russe Dmitri Martchenko, cette pierre tombale représente bien les nouvelles tendances dans ce domaine.
La technologie au service du monument funéraire
Comme dans bien des domaines, l'arrivée des ordinateurs performants et d'Internet au milieu des années 1990 a transformé et simplifié le travail des détaillants de pierres tombales et autres monuments. Longtemps limité à une vingtaine de modèles standards, le client peut aujourd'hui se faire créer un monument sur mesure à la hauteur de ses attentes et ce pour un prix abordable.
«Le travail se fait maintenant dix fois plus vite grâce à l'informatique. Autrefois c'était environ 10 % des personnes qui faisaient ajouter quelque chose sur leur pierre. Maintenant, 70 % de nos ventes sont des pierres retouchées», explique Martin Laverdière de Delisle monuments.
Le traitement informatique permet à la fois de mieux guider le consommateur et d'augmenter la rapidité et la qualité de la production. Il est ainsi possible de visualiser en temps réel les modifications que l'on souhaite apporter à la pierre, de dessiner directement à l'ordinateur de nouveaux patrons, de créer un vaste archivage du travail effectué et d'envoyer à l'usine le modèle exact du monument commandé. «L'informatique permet d'être plus créatif car on peut créer de nouveaux formats de lettrage et des dessins plus sinueux. On pouvait le faire avant mais ça demandait énormément de travail», précise Daniel Thériault de Thériault & Fils Ltée.
De son côté, M. Laverdière a également profité des améliorations technologiques de la dernière décennie pour créer une gamme de pierres gravées au burin. Faites à la main par un artiste d'Ottawa, ces gravures sont d'une telle netteté qu'il serait facile de les méprendre pour une impression laser. «Le client peut apporter une image ou une photo représentative de la personne décédée et nous serons capables de la graver fidèlement sur la pierre, affirme M. Laverdière. Pour nous, la pierre tombale devient de plus en plus un produit artistique.»
Inhumation vs. crémation
Malgré le fait que le marché du monument se maintienne, il doit tout de même faire face à une concurrence grandissante de la part de la crémation, donc des columbariums. «Tout le monde aujourd'hui a un columbarium, que ce soit les salons funéraires, les paroisses ou les cimetières. Les gens optent de plus en plus pour cette option parce que c'est moins compliqué. Cela entraîne une baisse de la vente des lots au cimetière», constate M. Thériault.
Afin de faire concurrence à ce marché émergent, Delisle monuments importe désormais beaucoup de pierres tombales de l'étranger. Achetées en Asie et en Afrique, ces pierres déjà taillées sont de qualité et peu dispendieuses. «L'importation facilite l'accès à des modèles plus originaux car ces derniers coûtent moins cher qu'auparavant», indique M. Laverdière.
Ce dernier invite d'ailleurs les citoyens à venir choisir leur monument de leur vivant et à ne pas attendre que la succession s'en occupe. «Malheureusement, seulement 10 % de nos clients achètent de leur vivant. Je dis malheureusement parce que l'important pour une pierre tombale c'est qu'elle représente le style et la personnalité de la personne», conclut-il.