Le Canada sur la sellette à la conférence de Nairobi
Rendez-vous annuel de l'ONU sur les changements climatiques
La conférence annuelle des Nations Unies sur les changements climatiques s’ouvre aujourd’hui à Nairobi au Kenya. Alors que ces deux semaines de négociations s’avèrent déterminantes pour la suite des efforts internationaux de lutte aux changements climatiques, le Canada se présente avec une position affaiblie et largement discréditée tant au pays que sur la scène internationale selon les environnementalistes.
Les négociations qui s’amorcent mettront la table d’une nouvelle phase du Protocole de Kyoto, dans laquelle les pays industrialisés devront s’engager à réduire davantage leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette conférence annuelle se déroule pour la première fois en Afrique où les impacts des changements climatiques se font déjà sentir et affectent la vie de dizaines de millions de personnes, aux prises avec des sécheresses dévastatrices.
«La contribution du Canada aux efforts internationaux de lutte aux changements climatiques a été systématiquement sabotée au cours des derniers mois, depuis l’arrivée du gouvernement conservateur minoritaire de Steven Harper, a déclaré Steven Guilbeault, de Greenpeace. Malgré ses déclarations se voulant rassurantes à l’effet que le Canada tient toujours à participer activement aux présentes négociations, la ministre Ambrose n’a pas jugé important de se présenter à de nombreuses rencontres internationales clées sur les changements climatiques. À cet égard, la ministre Ambrose n’a pas assumé correctement son rôle de présidente du processus international au cours de la dernière année. En quelques mois, sur la scène internationale, nous sommes passés de héros à zéros».
Au cours des derniers jours, les conclusions du rapport de l’ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Sir Nicolas Stern, ont fait les manchettes à travers le monde. Ce rapport affirme qu’une action internationale immédiate et coordonnée pour faire face aux changements climatiques s’avère dans l’intérêt de tous. «Le gouvernement Harper devrait sortir de sa bulle, prendre conscience du monde qui l’entoure et reconsidérer sa position. Pour être à nouveau pris au sérieux, nous devons impérativement commencer à respecter nos objectifs fixés par le Protocole de Kyoto, comme tous les autres pays industrialisés qui en sont partie prenante, et s’engager sérieusement sur la voie des réductions à moyen et long terme qui sont nécessaires pour éviter les impacts catastrophiques des changements climatiques», a poursuivi Hugo Séguin, d’Équiterre.
Les plus récentes données scientifiques indiquent qu’un réchauffement moyen du globe de plus de 2°C mèneraient à des changements climatiques dangereux et irréversibles. «C’est là la position de l’Union Européenne. Le Canada doit s’avérer à la hauteur et reconnaître l’urgence de la situation. Le monde nous regarde», a conclu Emilie Moorhouse, du Sierra Club du Canada.