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Commercialisation des ingrédients santé pour mieux s'alimenter

De nombreux défis restent à relever

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Article mis en ligne le 13 octobre 2006 à 11:30
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Commercialisation des ingrédients santé pour mieux s'alimenter
Telle qu'illustré sur le programme du colloque sur les ingrédients santé, une saine alimentation évite d'avoir recours à la pharmacie en prévenant les problèmes.
Commercialisation des ingrédients santé pour mieux s'alimenter
De nombreux défis restent à relever
L'industrie agroalimentaire se heurte à de nombreuses embûches dans son désir de voir les Canadiens manger plus santé alors que ceux-ci croulent sous une pluie d'informations souvent contradictoires. Six experts ont tenté de remettre les pendules à l'heure mardi dernier lors d'un débat organisé dans le cadre du colloque «Les ingrédients santé en alimentation: un pas de plus vers la prévention.»
«Si on veut rendre l'offre de santé intéressante, le milieu va devoir mener des recherches et diffuser de l'information pertinente, donnant ainsi une crédibilité à cette offre. Il va falloir que ça se fasse au plus vite car on risque de manquer le bateau par rapport au marché mondial qui est de plus en plus concurrentiel», a rapidement fait remarquer Éric Simard, président de l'Association pour les ingrédients santé en alimentation (AISA).

Gaétan Lussier, président de l'Institut de recherches en politiques agroalimentaires du Canada, abonde dans le même sens. «Il faut agir vite. Pour vraiment influencer l'industrie et les consommateurs, il va cependant falloir qu'un rôle très fondamental soit joué par le leadership politique», a-t-il fait valoir.
Gouvernement acteur privilégié
Le professeur David Servan-Schreiber de la Faculté de médecine de Lyon estime que le gouvernement est probablement le seul acteur susceptible de pouvoir faire bouger les choses. «Le problème c'est que des études concluantes existent mais comme il ne s'agit pas de découvertes brevetables, les compagnies ont très peu d'avantages économiques à en faire leur promotion. La seule exception pourrait venir du gouvernement lui-même qui pourrait ainsi réduire ses dépenses liées aux soins de santé.»
Nora Lee, chef de division de l'évaluation de la nutrition pour Santé Canada, est d'avis qu'il est encore temps d'apporter des changements au cadre réglementaire à travers, entre autres, d'imminentes consultations publiques qui auront lieu au pays. Elle a cependant profité de la tribune pour renvoyer la balle aux entreprises agroalimentaires en les accusant de ne pas développer des produits à valeur-ajoutée ciblant les citoyens les moins bien nantis, chez qui on retrouve pourtant les plus hauts taux de mortalité. «Si on veut des aliments santé pris au sérieux, les entreprises devront concevoir des produits bon marché et financer des études adéquates», a-t-elle soutenu.
Information ciblée
Une autre manière de convaincre les consommateurs d'adopter les aliments santé consiste à fournir la meilleure information possible aux intervenants du milieu qui pourront ainsi mieux conseiller les citoyens. Fabiola Masri, nutritionniste, déplore la diffusion trop rapide de l'information scientifique dans certaines publications. «Souvent les gens viennent me voir en disant que tel ou tel aliment est bon ou nocif pour la santé alors que je l'ignore moi-même. Il faudrait donc travailler avec les journalistes pour éviter qu'ils ne publient des informations nuisibles qui ne feront que mêler davantage le consommateur», a-t-elle avancé.
Les panélistes étaient cependant tous d'accord pour affirmer que les médecins et les professionnels du système public devraient être les mieux informés sur le sujet des aliments santé car ce sont eux qui orientent la population vers les traitements disponibles. M. Simard de l'AISA estime que «le point tournant viendra quand le médecin dira à son patient: si tu consommes ces produits-là, tu vas éviter la médication».

Pour M. Schreiber, il importe de mettre l'accent sur le présent lors de ces conseils. «La meilleure façon de convaincre les gens est de leur dire que s'ils mangent plus santé, ils se sentiront mieux maintenant, pas dans 10 ou 20 ans», a-t-il soutenu. En conclusion, M. Simard a affirmé que l'industrie attendait patiemment que le gouvernement canadien annonce ses couleurs en matière de santé avant de procéder au «mass-marketing» de produits à base d'ingrédients santés. «Voyez ce qui est arrivé lorsque le gouvernement a autorisé l'allégation pour les Oméga-3», a-t-il rappelé.

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