Régis Labeaume (Photo Thaïs Martel)
À chaque rive ses espoirs et ses attentes
Même si Québec et ses environs ont été relativement épargnés par la crise économique, 2009 aura été, des deux côtés du fleuve Saint-Laurent, une année difficile. Toutefois, 2010 s’annonce plus positif tant pour Danielle Roy Marinelli à Lévis que pour Régis Labeaume à Québec. Coopération, discussions, événements et investissements sont au menu des espoirs et des attentes des deux maires pour leur ville respective.
À Québec, le maire Labeaume croit que le pire est passé. «On vient de vivre une récession et on l’attendait pas celle-là, tout le monde a été pris par surprise. Ça ne peut qu’aller mieux pour la prochaine année», assure-t-il d’entrée de jeu.
Fort de l’appui massif de la population aux dernières élections, Régis Labeaume a le vent dans les voiles. «Pour moi ça sera la première année d’un mandat de quatre ans et c’est tout nouveau pour moi. On a de gros projets sur la table; on va continuer à investir intensément dans le renouvellement des infrastructures et il y a bien sûr le projet de mobilité, le grand projet du prochain quart de siècle», lance le maire avec toute la fougue qu’on lui connaît, ajoutant que 631 M$ seront consacrés aux infrastructures en 2010.
De l’autre côté du fleuve, les propos de la mairesse de Lévis sont plus modérés, plus prudents, d’autant plus que la ville doit gérer le déficit dans les caisses de retraite et que les revenus sont moins importants que prévu cette année. «L’année 2010 ne sera pas nécessairement plus facile. D'abord, nous avons encore beaucoup de projets dans les cartons et il faudra donc prioriser pour s’assurer que les revenus seront au rendez-vous, explique Danielle Roy Marinelli. Les investissements iront en grande partie dans l’agrandissement de l’usine d’eau potable et le reste sera consacré à l’asphaltage. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus glamour, c’est très terre-à-terre, mais il faut le faire.»
Dossiers prioritaires et événements
Le plus important et le plus pressant pour la grande ville de Lévis demeure le règlement définitif du sous financement de la Société de transport de Lévis, un dossier qui touche beaucoup la mairesse, elle qui a été la présidente de la Société de 1999 à 2005. «On en parle depuis une dizaine d’années, il doit maintenant se passer quelque chose», affirme Mme Roy Marinelli.
«Le transport en commun s’est développé à une vitesse moindre à Lévis. Or maintenant nous sommes une grande ville et le réseau doit desservir l’ensemble de la ville avec la même efficacité. Quand on voit tous les problèmes liés à la circulation et l’importance que prennent les tendances écologiques, il faut se donner les outils pour mettre en place un service de transport de qualité», estime la mairesse.
Il reste que de nombreux projets aux allures plus festives sont dans les cartons des deux maires. La phase un des travaux dans le secteur de la traverse en vue de Célébration 2011, le complexe aquatique, le parc de la rivière Etchemin et l’interconnexion du réseau cyclable occuperont Lévis.
Du côté de Québec, on misera encore une fois sur les grands événements avec la présentation d’une étape du Grand prix cycliste Pro-Tour qui amènera l’élite mondiale du cyclisme dans la Capitale, une nouvelle édition du spectacle aérien international, le retour du Moulin à images et du Cirque du Soleil et la préparation du Festival international d’opéra de Québec prévu pour 2011. Et c’est sans parler de l’éventualité du retour d’une équipe de la Ligue nationale de hockey à Québec, une question à laquelle Régis Labeaume «pense avant de s’endormir chaque soir».
Maires versus employés
Au niveau du personnel, les maires de Québec et de Lévis auront à faire face à des situations bien différentes l’une de l’autre en 2010. Pour le maire de Québec, le mot d’ordre sera discussion. Celui qui assure avoir fait amende honorable après avoir eu des mots durs concernant les employés de la Ville veut entrer en contact avec le personnel. «Les dernières négociations ont été difficiles et je veux leur donner la chance de me dire ce qu’ils pensent. Il doit y avoir moyen de se parler!»
Pour Danielle Roy Marinelli c’est plutôt la relève le problème. «On est à faire notre plan d’effectifs. Il faut planifier la relève; 50% du personnel-cadre prendra sa retraite dans les prochaines années. Le transfert des connaissances doit se faire et nous avons besoin de stabilité au niveau de notre personnel», conclut-elle.