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À la recherche des meilleurs joueurs de hockey de la planète

Pour Claude Carrier des Devils du New Jersey

Denis Fortin par Denis Fortin
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Article mis en ligne le 27 octobre 2009 à 12:27
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À la recherche des meilleurs joueurs de hockey de la planète
Claude Carrier dans une pose caractéristique de son travail de dépisteur pour les Devils du New Jersey. - (Photo Denis Fortin)
À la recherche des meilleurs joueurs de hockey de la planète
Pour Claude Carrier des Devils du New Jersey
Rares sont les amateurs de hockey qui peuvent assister entre 200 et 250 matchs de hockey par saison. C'est pourtant ce que le dépisteur des Devils du New Jersey depuis plus de 21 ans, Claude Carrier, abat comme boulot au Québec, en Ontario, dans les provinces de l'Ouest canadien, aux États-Unis et en Europe à la recherche de la perle rare, un joueur qui évoluera éventuellement sur une base régulière dans la Ligue nationale de hockey.
«Je suis dépisteur de hockey depuis maintenant 27 ans puisque j'ai commencé ma carrière à temps partiel au sein de l'organisation des Capitals de Washington, indique dans un premier temps Claude Carrier. C'est un travail où il ne faut pas compter les heures, comme en témoigne mon emploi du temps. J'étais à Chicoutimi le mercredi soir. Le lendemain, j'ai assisté au match des Remparts de Québec contre les Mooseheads de Halifax. J'ai mis ensuite le cap vers Shawinigan pour le match des Cataractes du vendredi. Je me suis dirigé ensuite vers Gatineau pour les deux rencontres de la fin de semaine.»

Depuis le début de sa carrière de dépisteur, l'ex-enseignant d'éducation physique à la Polyvalente de Charlesbourg, poste qu'il a occupé pendant 18 ans, s'est donné comme mission d'ouvrir les yeux et les oreilles en plus d'écouter, de manière à apprendre le plus d'éléments possible sur les joueurs à surveiller de près.

«En écoutant, on apprendra inévitablement des choses intéressantes qui faciliteront notre travail. La «game» a changé depuis que je suis dépisteur, notamment dans l'attitude des futurs joueurs de hockey professionnel. Il faut savoir se mettre au diapason des jeunes qui ont grandement évolué. Il n'existe plus de sentiment d'appartenance tant chez les jeunes hockeyeurs que chez les joueurs de la Ligue nationale de hockey. On se doit de tenir compte que l'argent est de plus en plus important dans notre société», précise encore le dépisteur.

De plus, il faut composer avec de nombreux jeunes joueurs issus de familles monoparentales et de la robotisation des jeunes prospects à surveiller.

«Je remarque que les joueurs d'aujourd'hui sont bien moins athlétiques qu'il y a une dizaine d'années, poursuit Claude Carrier. Malheureusement pour nous, les systèmes de jeu priment sur les habiletés des individus dès la catégorie pee-wee. Les jeunes s'amusent bien moins qu'il y a 20 ans. À mon avis, une des causes de ce désintéressement au jeu est qu'on arrête de jouer aussi tôt qu'en février, de manière à préparer les équipes «AAA» qui évolueront en période estivale. Les enfants ne se reposent jamais et se tannent de plus en plus rapidement du hockey. Je suis de ceux qui pensent qu'une moins longue saison favoriserait le développement de joueurs plus complets.»
Réussite assurée
Pour ce vieux routier dans la découverte de joueurs talentueux, les meilleurs prospects sont ceux qui ont de bonnes habiletés, qui ont encore et toujours du plaisir à jouer au hockey, qui se fixent des objectifs à atteindre et qui font montre de passion et de caractère quand ils sont sur une patinoire.
«Un gars comme Sidney Crosby n'est peut-être pas le joueur le plus talentueux, mais il est animé d'une passion pour son sport hors du commun. Un autre exemple est Pierre-Luc Leblond-Létourneau des Devils du New Jersey. Il voulait faire carrière et démontrait un désir permanent de s'améliorer. En plus, il est un bon athlète et est un gars intelligent. Le secret de sa réussite réside dans le fait qu'il a soif d'apprendre et qu'on ne lui répète pas deux fois un enseignement», explique le dépisteur.

Même s'il est encore tôt dans la saison pour déterminer les meilleurs choix de l'encan 2010, la cuvée de joueurs 2009-2010 devrait être bonne pour la plupart des équipes.

«Habituellement, les équipes ne manquent pas leur coup dans les trois premières rondes du repêchage. Pour les rondes subséquentes, tous les clubs espèrent dénicher la perle rare, particulièrement de la quatrième à la septième ronde. Il y a eu cependant des exceptions. Je pense ici au défenseur des Red Wings de Detroit, Brian Rafalski, que les Devils avaient repêché. J'ai toujours été bien fier de mes choix au repêchage. Il y a eu bien sûr celui de Martin Brodeur, mais mon tout premier choix comme dépisteur a été Gaétan Duchesne quand je travaillais à temps partiel pour Washington. Ce dernier a connu une très belle carrière. Si j'ai un regret, c'est de ne pas avoir décelé le talent de Patrice Bergeron qui fait plus que bien avec les Bruins de Boston», de conclure Claude Carrier.

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