De quatre établissements qui présentaient des tournois de poker à Québec, en 2007, leur nombre est passé à plus d’une vingtaine deux ans après.
L’engouement pour le poker gagne Québec
L’engouement pour le poker gagne le coeur des Québécois à un rythme soutenu. Depuis la fondation de la Ligue de Tournois de Poker du Québec (LTPQ), les endroits où l’on peut s’adonner à ce loisir se multiplient dans la Capitale. Regard sur un jeu que Québec semble avoir adopté.
Tout a commencé à l’été 2007, alors qu’André Boyer – seul champion québécois des Séries mondiales de Las Vegas – et Pierre Martel ont entrepris une tournée de promotion à la grandeur du Québec pour faire connaître le poker légal, sans gageure.
Trois mois après, en octobre 2007, 30 établissements à travers la province avaient adhérées à la LTPQ. Progressivement des établissements (souvent des bars) du nord du Nouveau-Brunswick démontraient leur intérêt à joindre la ligue.
Ainsi, au courant de l’été dernier, des ligues ont été fondées au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve. Elles sont gérées par le même groupe que la LTPQ, à partir de Montréal. La Ligue de Tournois de Poker du Canada est née.
Au Québec, il y a maintenant 26 000 membres de cette ligue, dont au moins 3000 dans la région de la Capitale-Nationale. Les tournois sont gratuits et aucun pari monétaire n’est toléré. Il en coûte 20$ pour être membre.
Sur le net, les sites de poker se multiplient. Idem pour la télévision, qui surfe sur l’engouement. Au Québec, RDS a emboîté le pas, présentant les plus gros tournois au monde.
Capitale du bluff
À Québec, les endroits où l’on offre des tournois de poker légaux se multiplient. De quatre établissements en 2007 (SpaceClub, Le Triangle, Le Spot, Le Loft), on est passé à plus d’une vingtaine.
Pour certains, comme pour la Ninkasi du Faubourg, sur la rue Saint-Jean, c’est une bonne façon de remplir l’endroit pendant les soirs où l’achalandage est moins grand, comme les dimanches après-midi ou les lundis soir. La Ninkasi reçoit ainsi plus d’une trentaine de joueurs à chaque tournoi, ce qui est considérable pour le petit endroit. «Ça met de l’ambiance», confirme Mathieu Cloutier, un des propriétaires de l’endroit.
Pour le Bar Parent, à Loretteville, le poker constitue 10% de l’achalandage. La présence des joueurs influence peu les ventes. «C’est des gens qui vont prendre une bière, un café», indique Rock Tremblay, organisateur des tournois à cet endroit. Toutefois, ce dernier estime que lorsque le bar est achalandé et que plusieurs voitures y sont stationnées, ça encourage les passants à s’y arrêter.
L’intérêt est vraiment d’aller chercher des bourses, croit Mathieu Cloutier. Ainsi, même s’il n’y a pas de gageure dans les tournois, les participants peuvent accéder aux tournois supérieurs (de circonscription, régional, national, Las Vegas), des tournois parfois très lucratifs. Certaines fois, le prix est l’entrée au tournoi supérieur (une valeur de 500 à 1500$). Dans les plus gros tournois, des laissez-passer pour des compétitions en Europe, des bourses de 100 000$ ou des camions Hummer ne sont que quelques exemples des prix destinés aux champions.
La manne fait d’ailleurs l’affaire des entrepreneurs, dont Quatre As, une entreprise de la Rive-Sud qui fabrique depuis l’an dernier des tables de poker haut de gamme. L’automne est d’ailleurs la période où les affaires vont bien, selon le propriétaire Régis Bouchard. «L’été, y’a pas grand monde qui joue au poker», note-t-il. Ses clients sont principalement des particuliers qui veulent se faire un salon de poker. Une table pour huit à dix personnes coûte environ 900$.
Ainsi, tout le Québec semble vibrer au gré des brelans et des flush royales. Peut-être la Vieille-Capitale abrite-t-elle le prochain champion des Séries mondiales de poker?