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Les pours et les contres d’une prime à la casse

Benoit Charette par Benoit Charette
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Article mis en ligne le 14 septembre 2009 à 14:16
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Les pours et les contres d’une prime à la casse
Bazou
Les pours et les contres d’une prime à la casse
Benoit Charrette
Depuis plusieurs mois, différents groupes ont suggéré au gouvernement canadien de bonifier le programme pour le moins timides de prime à la casse. Ford a été le premier à suggérer 3 500 dollars pour son vieux bazou. C’est ensuite la CADA, le regroupement des concessionnaires automobiles canadiens qui a proposé une offre similaire. Le gouvernement est resté muet à ces offres et continue d’offrir un 300$ qui trouvent très peu d’adeptes. Récemment Hyundai et Chrysler ont décidé de prendre les devants et offrir des incitatifs allant de 500 à 1 500$ dollars selon les modèles.
Une réussite à l’étranger
En moins d’une mois, le programme de prime à la casse américain a permis la signature de 457 000 contrats d'achat de véhicules pour des rabais totaux (financés par le gouvernement) de 1,9 milliard de dollars, a indiqué le ministère. En considérant les frais d’administration, ce programme aura couté trois milliards au trésor américain. En Europe, La prime à la casse dope le marché depuis maintenant huit mois. Alors qu'elle devait prendre fin le 31 décembre 2009. Mise en place dans plusieurs pays d’Europe à la fin de 2008, la prime à la casse permet à tout acheteur d'une voiture particulière ou d'un utilitaire léger, neufs et émettant moins de 160 g C02/km, de bénéficier d'une prime de 1.000 euros en France à 2 500 Euros en Allemagne s'il met au rebut un véhicule de plus de dix ans. Le succès du dispositif a dépassé toutes les attentes et dynamiser le secteur automobile. Plusieurs marché ont réussi à conserver l’équilibre en raison de ces primes. Les constructeurs nationaux se portent relativement bien dans la morosité ambiante, bien aidés il est vrai par le ricochet des primes équivalentes crées dans treize pays européens et notamment en Allemagne.
En façade, tout va donc pour le mieux. Cependant, les effets pervers de la prime à la casse (combinée au bonus) sont loin d'être négligeables. Tout d'abord, l'équilibre du marché a été profondément bouleversé en faveur des petites voitures (plus de 50 % de hausse dans certains cas), autrement dit les modèles les moins chers et ceux qui génèrent les marges les plus faibles (tout en obligeant les constructeurs à payer plus de primes aux vendeurs en raison des volumes atteints). En réalité, l'économie canadienne profite probablement plus du programme américain qu'elle profiterait d'un programme canadien. De fait, sur les 1 350 travailleurs que General Motors va rappeler au travail, 350 le sont dans des usines canadiennes. La raison : nos usines exportent autour de 90 % de leur production aux États-Unis puisque le marché canadien de l'automobile compte pour environ 10 % de la consommation nord-américaine de voitures.
L’envers de la médaille
Pour bien des économistes, ces programmes sont une solution temporaire qui risque de coûté plus chère sur le longs termes. Les voitures neuves acquises sous le programme «Cash for Clunkers» auraient probablement été achetées de toute façon, mais plus tard puisque ce sont des voitures assez vieilles que leur propriétaire aurait dû vendre ou passer à la casse un jour. Le programme n'aura fait que créer une «bulle» d'achat à court terme et on peut donc s'attendre à un ralentissement des ventes de voitures neuves au cours des prochains mois. Il faut aussi savoir que le commerce de réparation de voitures sera touché négativement à la suite de la diminution prématurée du parc de voitures usagées et le marché des pièces recyclées va subir une pénurie artificielle et une pression à la hausse sur les prix créée par la disparition prématurée de toutes ces vieilles voitures, sources de pièces usagées.
Enfin, les acheteurs de voitures de la catégorie visée par le programme (des voitures dans une fourchette de prix allant de 3000 à 4000$), comme les étudiants et autres consommateurs avec des moyens modestes qui achètent leur première voiture usagée, devront payer plus cher leur première voiture usagée à cause de la rareté artificielle créée par le programme. D’un point de vue économique, les 3 milliards injectés dans ce programme accroissent la dette déjà énorme du gouvernement américain et devront être remboursés par les contribuables, qui ont déjà avancé plus de 60 milliards de dollars à l'industrie automobile américaine.
Les solutions de rechange
Le gouvernement canadien pourrait faire deux choses. Prévoir un certains montant d’argent pour un programme qui pourrait donner un coup de pouce temporaire qui pourrait relancer les ventes. Mais surtout, le gouvernement québécois ou canadien devraient investir dans un programme obligatoire d’inspection des véhicules. Ce programme serait encore plus efficace pour sortie les vieilles voitures de la route et donnerait aussi des effets positif pour l’achat de nouvelles voitures car les pollueurs mobiles serait forcé de faire l’acquisition d’une voiture plus moderne. Et pourquoi ne pas donner une prime pour les voitures fabriquées au Canada. De cette manière, nous serions certain que cet argent profite à notre économie.
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2010.

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