Une boulle de quilles de qualité coute aux environ de 300 $ et François en achète trois par année. Inutile d’espérer compétitionner les performances de ses boules réactives avec celles qu’on retrouve dans les salles de quilles! (Photo Thaïs Martel)
Et tombent les quilles
François Lavoie, le plus jeune champion canadien junior
Le Salon de quilles Montmorency abrite un jeune prodige. Les réserves et les abats n’ont pas de secrets pour François Lavoie, un jeune quilleur de 16 ans qui est devenu le plus jeune champion canadien junior en mai dernier lors du Championnat national canadien qui a eu lieu à Burlington en Ontario. Et le jeune champion entend bien continuer sur sa lancée, lui qui représentera le Canada à la Coupe du monde junior à Helsinki en juillet 2010.
Avec une moyenne de 194.54 à Burlington, le jeune homme originaire de Vanier a non seulement devancé les 24 autres joueurs juniors, mais il s’est également classé au 34e rang parmi tous les participants. L’Open de Burlington réunissait en effet junior et sénior pour un total de quelque 125 participants. Un résultat exceptionnel pour un si jeune quilleur, lui qui avait également été le premier junior à réussir une partie parfaite lors des tournois de qualification pour l’équipe de la région de Québec pour le Championnat provincial junior 2008.
Pourtant, la compétition avait mal commencé. Le jeune quilleur était cinquième après la première journée. Or seuls les quatre premiers pouvaient faire partie de l’équipe Canada junior. «Heureusement, j’ai mieux joué la deuxième journée et à compter de ma treizième partie, j’étais premier», raconte le jeune homme. Un beau succès pour celui qui souhaitait faire partie de l’équipe Canada junior, mais qui n’osait pas aller jusqu’à rêver de terminer premier.
Prochaine étape : Helsinki, dans un an. C’est donc une année chargée qui attend François, lui qui devra continuer à s’entrainer au moins une dizaine d’heures par semaine au Salon de quilles Montmorency, principalement la fin de semaine, tout en terminant son secondaire.
Même s’il semble plutôt confiant, le jeune quilleur dit craindre les Américains qu’il devra affronter à Helsinki. «Ils sont super forts aux États-Unis. Les quilles y sont beaucoup plus populaires là-bas qu’ici. Il y a même des programmes de sports-études et les quilleurs se développent beaucoup plus rapidement», explique le jeune homme. Quoi qu’il en soit, il ne s’inquiète pas outre mesure et il a déjà hâte de découvrir le style de jeux de ces adversaires lors de ce qui sera son premier voyage en dehors de l’Amérique du Nord.
Histoire de famille
Son succès, François Lavoie le doit avant tout à ses longues années d’expérience, à une pratique assidue et aussi un peu aux encouragements de son père. C’est que chez les Lavoie, les quilles sont une véritable passion transmise de père en fils. François avait trois ans quand il a commencé à jouer aux quilles. Son père lui avait acheté la boule la plus légère, six livres, et y avait fait percer des trous très rapprochés pour ses petits doigts. Une révélation! Il joint sa première ligue junior à cinq ans, participe à sa première compétition à huit et commence à véritablement prendre le jeu au sérieux vers neuf ou dix ans.
Il aime d’ailleurs tellement jouer aux quilles qu’il espère en faire une carrière. «Mon but ultime c’est de gagner ma vie en devenant un pro de la PBA [Profesionnal Bowlers Association]. J’ai encore pas mal de croutes à manger d’ici là et si ça ne fonctionne pas, j’aimerais tout de même travailler dans le domaine», indique François.
Quant au père et entraineur de François, Jean-Marc Lavoie, il est déjà très fier de son fils. Il faut l’entendre raconter les exploits de François, s’interrompant ici et là pour conseiller à son fils de faire attention à la position de ses pieds ou pour lui suggérer de changer de boulle! «Je suis très, très fier de lui. Le plus jeune champion canadien junior, c’était au-delà de mes espérances», lance M. Lavoie.