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La récolte de la glace à Cap-Rouge

Un brin d'histoire avec la Société historique de Cap-Rouge

Article mis en ligne le 21 décembre 2008 à 16:30
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La récolte de la glace à Cap-Rouge
La récolte de la glace était une activité très particulière. Sa teinte bleutée était signe de qualité.
La récolte de la glace à Cap-Rouge
Un brin d'histoire avec la Société historique de Cap-Rouge
En janvier et février, lorsque la glace sur les lacs, les rivières et le fleuve était assez épaisse, on procédait au découpage des blocs qui seront entreposés jusqu'à l'été dans des glacières.
Dès 1820, les «coupoirs à glace» ou longues scies, sont mis au point aux États-Unis. Munis de fortes dents, ils permettent de scier la glace la plus épaisse. À l'aide de gaffes et de grosses pinces, les blocs de 2 pieds de large par 4 pieds de long et de 18 pouces d'épaisseurs sont hissés par les ouvriers sur des traîneaux tirés par des chevaux. Chaque bloc entreposé verticalement à proximité du chantier pèse près de 180 kg (360 livres). Les ouvriers préfèrent travailler par temps froid car par temps doux, la glace s'amollit et le travail de coupe devient plus difficile. Avant la coupe, il faut déneiger et gratter la surface avec un grattoir tiré par des chevaux.

À Cap-Rouge, Philipe et Donat Délisle nous ont expliqués le procédé ingénieux et plus rapide pour faire cette récolte sur le petit lac artificiel de la terre d'Eugène Robitaille.

Vers 1940, les longues scies seront remplacées par une scie ronde couplées par une courroie à un moteur à gazoline muni de roues d'air. Le moteur était fixé à un traîneau tiré par un cheval. À tous les 24 pouces de centre, de longues stries étaient faites sur le lac à la façon des labours. La scie pénétrait la glace de 12 pouces environ pour ne pas affaiblir la surface. Dans l'autre sens, à tous les quatre pieds, une marque était faite à la scie et à l'aide de barres de fer pointues à une extrémité, on disloquait les blocs un à un avant de les sortir par une pente d'accès.

La récolte de 800 blocs durait de 3 à 4 jours selon les conditions de la température et l'on procédait dès que possible à une deuxième coupe lorsque la glace avait 18 pouces d'épaisseur. Le lac était alimenté par celui des Sœurs du Bon-Pasteur situé à proximité.

D'excellente qualité, la glace bleue était recherchée. Une fois la glace déposée sur le chantier, on procédait à l'entreposage dans une grande glacière à double murs et doubles portes isolé au bran de scie.

Les 1 600 blocs étaient entreposés sur six rangs avec de la neige entre les rangs et les joints pour les empêcher de se souder les uns aux autres. La glacière placée dans un talus avait une porte à 6 pieds du plancher d'un côté et une autre de l'autre côté au niveau du plancher.

Au début de l'été, la partie rentable de l'opération commençait et David Robitaille livrait avec son camion «pick-up» les précieux blocs d'un pied chacun. Une bâche recouvrait les blocs pour les protéger du soleil. Armé d'une pince à glace, le livreur distribuait aux usagés le ou les blocs nécessaires pour conserver les aliments dans de petites glacières domestiques munies de deux portes. L'une sur le dessus pour la glace et l'autre sur le devant pour les aliments. La séquence des livraisons dépendait de la température. À la fin de l'été, la glacière était vide.

En hiver, les aliments étaient conservés dans un petit tambour placé sur la galerie. On se rappellera aussi que les anciennes maisons avaient, dans le plancher de la cuisine, une trappe donnant accès à un petit espace muni d'un puits dans lequel on suspendait des chaudrons garnis d'aliments à conserver au frais.

La récoltes de la glace périclita et cessa tout à fait vers 1945, alors qu'apparaîtront les réfrigérateurs appelés à tort, frigidaire, du nom du premier manufacturier. Les précision obtenues de nos aînés sont très intéressantes et nous démontrent une fois de plus l'ingéniosité des carougeois pour subvenir à leurs besoins domestiques.

* (Source : Société historique de Québec)

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