Anne-Marie Rébillard s'envolera vers l'Afrique, l'été prochain.
La joaillerie... au-delà des frontières
Une enseignante en joaillerie de Québec partira en Afrique l’été prochain pour faire de la formation auprès d’artisans locaux qui peinent à obtenir un revenu décent pour faire vivre leur famille.
Anne-Marie Rébillard, professeure en Projet de fin d’études à l’École de joaillerie de Québec, associée au Cégep Limoilou, partira durant un mois au Niger, en juin prochain. Un voyage bénévole qui la comble de bonheur.
«Je suis très excitée! Ce sera une grande expérience. C’est un pays très pauvre et une culture très différente. Je vais partir avec ouverture d’esprit, curiosité et respect», avoue la jeune femme de 25 ans, du quartier Saint-Sauveur, qui a déjà séjourné chez un proche en Côte-d’Ivoire alors qu’elle avait 18 ans.
Mais cette fois, l’objectif est différent. Destination : Niamey, la capitale du Niger, en Afrique de l’Ouest, où elle donnera de la formation à une douzaine d’hommes. Plus précisément à des Touaregs, aussi appelés les hommes bleus du désert, en raison de leurs tuniques indigos qui décolorent sur leur peau avec le temps.
Ces artisans locaux se spécialisent dans la fabrication de bijoux : colliers, pendentifs et bagues, notamment. Ils ont acquis leur savoir millénaire de père en fils.
Déjà en marche
Il faut savoir que ce n’est pas le premier voyage d’un représentant de l’École de joaillerie en terre nigérienne. En effet, depuis 2006, deux autres enseignants se sont rendus sur place, d’abord pour prendre connaissance des besoins du milieu, puis pour installer une classe où se donne désormais la formation. Aussi, depuis 2007, quatre Nigériens sont venus à Québec pour observer le travail d’artisanat qui se fait ici, à l’École de joaillerie. Une expérience unique à laquelle Anne-Marie Rébillard a participé.
«Je vais retrouver ces quatre Touaregs quand je serai au Niger, dit-elle. C’est rassurant. Et ça facilitera les contacts avec les autres artisans locaux.»
Pauvreté
Le but de tous ces échanges : offrir aux Nigériens des techniques nouvelles de production et de finition, pour les aider à améliorer leur offre et ensuite percer le marché occidental pour obtenir un revenu décent. Bref, leur donner un coup de pouce pour sortir de la pauvreté. Mais tout cela ne se fait pas sans mal.
«Le défi, c’est d’adapter notre façon de faire pour qu’eux puissent la transposer dans leur pratique, indique Mme Rébillard. Le décalage existe surtout au niveau des moyens techniques. Par exemple, à Niamey, il y a beaucoup de coupures d’électricité et les artisans n’ont pas non plus les moyens de se payer nos instruments.»
Une fois formés, les artisans locaux deviendront eux-mêmes formateurs et seront invités à transmettre leur savoir à leurs collègues. Au Niger, les artisans sont regroupés en 13 coopératives fédérées.
Le projet est financé par le Centre canadien d’étude et de coopération internationale (CECI), grâce au ministère québécois des Relations internationales. Une fois ce voyage terminé, il restera un an à l’entente, c’est-à-dire, un départ de formateurs vers le Niger, puis une mission africaine au Québec.
Xavier massonnaud Joaillier Créateur
Commentaire mis en ligne le 20 septembre 2009Bravo pour votre initiative, je connais bien l'Afrique où j'ai eu la chance de rencontrer différents bijoutiers (Guinée, Burkina-faso, Niger... www.xavier-massonnaud.over-blog.com) et se rendre sur place pour aider à la formation de professionnels de ce secteur me semble important, surtout si cela permet de developper et d'aider une économie locale .