Alain Tessier, premier technicien à la Ville de Québec, avait comme rôle de coordonner l’ensemble du projet de rénovation de l'hôtel de ville.
Le grand défi des travaux à l’hôtel de ville de Québec
Il y a cinq ans débutait d’importantes rénovations à l'hôtel de ville de Québec. Les fusions municipales de 2002 ont occasionné une forte augmentation du personnel, une situation qui obligeait à revoir le bâtiment dans son ensemble. L'opération a nécessité des investissements d'environ 15 M$ et forcé les partenaires du projet à beaucoup d'imagination et de doigté afin de respecter cet édifice unique. Ce vaste chantier étant à peine complété, l'occasion était bien choisie de faire un survol de ce qui a été réalisé.
L’augmentation du nombre d’élus et du personnel fonctionnaire nécessitait de réaménager la salle du conseil et de libérer de nouveaux espaces de bureaux pour le personnel du service des communications. «Lorsque nous avons réorganisé le service des communications, nous avons dû utiliser une partie du sous-sol et, en même temps, empiéter sur l’espace musée (CIVU)», fait savoir en entrevue Alain Tessier, premier technicien à la Ville, qui avait comme rôle de coordonner l’ensemble du projet.
Parmi les défis à relever, un nouvel ascenseur a été intégré au bâtiment pour desservir ce nouvel aménagement à partir de l’accueil du rez-de-chaussée. Une nouvelle salle de réception s'est également ajoutée à la demande de la défunte mairesse Boucher, qui déplorait que les mondanités aient lieu dans la salle du conseil. Sans compter la nécessité de devoir chaque fois retirer les installations prévues pour la tenue des assemblées municipales. Cette salle de réception prend désormais place au rez-de-chaussée (sous la salle du conseil). «Avec ses plafonds hauts et sa fenestration, c’était l’endroit idéal», indique le chargé de projet.
Parallèlement, la salle du conseil municipal a subi une mise à jour importante. Avec l’intégration de nouvelles technologies, la salle est maintenant équipée pour le prochain siècle. «Ce n’est pas encore un conseil sans papier, convient M. Tessier, mais la salle est câblé réseau intranet permettant aux élus de se brancher avec leur portable.» De plus, la salle est munie d’écrans de projection dissimulés. Un régisseur est sur place pour gérer les équipements. Aussi, depuis la diffusion à la télé des assemblées en avril dernier, la salle a bénéficié d'une cure de jouvence côté décoration.
Sous-haute surveillance
Jusqu’à récemment, on pouvait accéder aux bâtiments par les trois entrées. Ce n'est plus le cas dorénavant. Un comptoir d’accueil avec agent de sécurité est installé au rez-de-chaussée, soit à l’entrée principale sur la rue des Jardins. On en a profité pour redécorer l'étage entier. Entre autres, on y trouve une galerie de portraits des 37 derniers maires de Québec, jusqu’à la mairesse Andrée P. Boucher.
Contraintes
Quand on décide de s’attaquer à un bâtiment qui date de 1896, faisant partie du patrimoine bâti de la ville, les contraintes rencontrées en cours de chantier sont nombreuses. «Il est important de protéger et au besoin redonner le caractère prestigieux de l'hôtel de Ville de la capitale. Mais, de manière sobre, tel que commande un tel bâtiment datant du XIXe siècle. De plus, c’est un bâtiment qui avait été excessivement modifié et, par endroits, très désuet. C'est le cas notamment de son système électromécanique. La décoration de la salle du conseil et du cabinet du maire remontait pour sa part à l'ère du maire Pelletier», note M. Tessier qui a aussi été le chef d’orchestre des travaux effectués à la bibliothèque de Charlesbourg et qui a repris la direction des travaux au Palais Montcalm en 2005.
«Le défi était de taille en raison de la mise en place d'un système de climatisation nécessitant le passage de nombreux conduits dans une structure existante», explique encore Alain Tessier. La nécessité d'installer un système d'apport d'air neuf pour satisfaire les normes de qualité de l'air et un système de climatisation ont ajouté aux difficultés. «Au dernier étage, il faisait chaud, des fois jusqu’à 32 Celsius», lance le premier technicien de la Ville avec un regard qui en dit long. Intégrer la ventilation, n’a toutefois pas été une mince tâche. «Pour passer les gaines de ventilation des étages supérieurs aux étages inférieurs, il fallait être très imaginatif. À certains endroits, ça passait au pouce près», poursuit-il.
Économies d'énergie
Afin de favoriser l’économie d’énergie, le réseau de chauffage a été également revu, la tuyauterie isolée et les appareils d’éclairage remplacés. Présentement, la dépense énergétique du bâtiment se situe au même niveau qu’avant les travaux. Ce qui veut dire qu’on climatise gratuitement à même l’économie d’énergie réalisée par la mise à niveau des systèmes électromécaniques. Une autre difficulté a été d’intégrer les volumineux équipements mécaniques nécessaires à la climatisation et la ventilation du bâtiment (unité de ventilation, tour d’eau, compresseur) sans agrandissement possible de l’édifice.
Selon Alain Tessier, l’équipe de travail a fait des prouesses pour exploiter les rares espaces disponibles. Les compresseurs et les pompes se retrouvent dans une ancienne voûte à charbon. L’unité de ventilation est intégrée dans la tour principale de la façade. Enfin, la tour d’eau est camouflée dans la toiture en mansarde, avec des louves habilement dissimulées.
Fierté
Une des grandes fiertés pour les constructeurs et partenaires au projet, de l'avis de M. Tessier, est celle d’avoir pu réaliser ces travaux dans un bâtiment opérationnel. Sans même qu’aucune réunion du conseil ne soit annulée. Tout compte fait, ces travaux resteront, pour tous les artisans qui y ont mis la main, une aventure mémorable.