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De la vie de millionnaire… à celle de la rue

Il s’en sort grâce à la Maison Dauphine

Audrey Tremblay par Audrey Tremblay
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Article mis en ligne le 19 décembre 2008 à 8:29
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De la vie de millionnaire… à celle de la rue
Karl Thérrien, 24 ans, a consommé des drogues dures durant plusieurs années, notamment du PCP et de l’héroïne. Aujourd'hui, grâce à la Maison Dauphine, il mord à pleines dents dans la vie.
De la vie de millionnaire… à celle de la rue
Il s’en sort grâce à la Maison Dauphine
Voilà un jeune homme dans la vingtaine qui a déjà tout un parcours de vie. Karl Thérrien, 24 ans, de Sillery, a quitté sa famille millionnaire à l’âge de 14 ans… puis n’a redonné signe de vie qu’un an plus tard. Il a sombré dans la drogue et l’itinérance.
Aujourd’hui, il revient de loin et accepte de raconter son histoire dans la cadre de la campagne annuelle de financement de la Maison Dauphine, un organisme qui lui a tendu la main.

À l’entendre aujourd’hui, on ne se doute pas de toute la misère que Karl a traversée depuis son adolescence. Quand la Maison Dauphine l’a recueillie, il y a six ans, il ne parlait plus, ne mangeait plus, trop abîmé par la drogue et la rue.

«Je faisais du squeegee pour payer ma dope puis ma bouffe. Je pouvais ne pas dormir pendant quatre, cinq jours. Je ne mangeais pas pendant des semaines. Ça faisait tellement longtemps que je vivais ça, je ne trouvais plus de porte de sortie.»
Fugue à 14 ans
En fait, tout a débuté un matin d’avril 1998, alors que Karl a claqué la porte de la demeure où il vivait avec son frère, sa sœur, sa mère et son beau-père millionnaire. Il est parti sans prévenir. Il avait 14 ans.
«J’ai fait semblant d’aller à l’école, mais j’y suis jamais allé. Fallait que je parte. Je prenais du LSD puis des champignons et j’étais devenu parano. Je voyais très peu ma famille. J’haïssais l’école. Je voulais vivre un trip

Où est-il allé? D’abord chez un ami à Québec, puis à Montréal, à Toronto et en Colombie-Britannique. Au départ, il a goûté pleinement sa liberté. Puis les pépins ont débuté.

La situation a dérapé quand il est revenu à Montréal l’année suivante. C’était en mai 1999. Il abusait alors du PCP et de l’héroïne.

«J’étais rendu capoté, dit-il. J’ai fait deux overdoses dans mon été. Je restais collé, comme gelé durant une semaine. C’est là que j’ai appelé chez nous pour la fête de mon frère. Mais j’étais tellement mêlé que je ne comprenais rien. Ma mère pleurait puis j’ai raccroché.»

Karl Thérrien a vécu dans la rue durant quatre ans, souvent à Québec. Il a tout affronté : tentative de suicide par overdose, vol à main armée dans un dépanneur, dépression. Puis à 18 ans, il a frappé un autre mur : la psychose. «J’ai perdu la carte. Je suis passé à travers la vitre de l’autobus...»
Sevrage
C’est à ce moment que le jeune homme s’est tourné vers la Maison Dauphine, un organisme de la Haute-Ville, voué aux jeunes de la rue de 12 à 24 ans. Il voulait alors cesser de consommer puis retourner à l’école.
«J’étais déjà allé à la Dauphine pour manger, mais mon ami m’a appris qu’ils offraient aussi l’École de la rue. Ça fait maintenant trois, quatre ans que j’y vais. Ils sont plus compréhensifs qu’à l’école des adultes : sur les absences et sur qui on est.»

Aujourd’hui, Karl a repris goût à la vie. Il offre des conférences dans les écoles et terminera l’an prochain ses études secondaires.

«Ma vie s’est stabilisée. Je suis rendu en appartement. J’ai un travail. Je vais à l’école. Mes affaires vont super bien. Ça vaut vraiment la peine d’aider la Maison Dauphine parce qu’eux, ils aident les jeunes à s’en sortir de la bonne façon. Sans eux, je ne sais pas ce que je serais…»
Pour faire un don à la Maison Dauphine : 14, rue Dauphine, Québec, G1R 3W8 ou au 418-694-9616. L’argent servira à offrir des repas chauds et des services de réadaptation aux jeunes de la rue.

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