Sandra Dion partira à la conquête du toit du monde, en mars 2009.
«Je dirai à ma mère qu'elle peut partir en paix»
Une policière de Québec au sommet de l'Everest pour la cause du cancer
Si son visage semble familier, c’est que Sandra Dion occupe le poste de porte-parole de la police de Québec depuis deux ans et demi. Mais à l’aube de ses 40 ans, la policière amorcera un nouveau défi : grimper l’Everest, le toit du monde, au profit de la lutte contre le cancer.
Le cancer, c’est cette terrible maladie qui a emporté sa mère, Rose-Aimée, à l’âge de 43 ans. C’était en 1989. Diagnostic : cancer du sein, puis cancer généralisé. Une perte inestimable pour Sandra Dion, qui avait alors 20 ans.
«À l’époque, je devais me montrer tough, raconte-t-elle. Peut-être qu’aujourd’hui, j’ai une conversation à finir avec ma mère. Une fois sur place, je lui dirai sans doute que je l’aime et qu’elle peut partir en paix.»
Le périple de Sandra Dion débutera le 28 mars prochain. Mais déjà, en janvier, la voyageuse amorcera un entraînement intensif de marche et de télémark.
Là-bas, elle vise le camp de base de l’Everest, situé à 5 380 mètres d’altitude. L’équivalent de six fois et demie le Mont Sainte-Anne. Un trajet de 18 jours, à raison de cinq heures de marche par jour. Elle sera alors accompagnée d’un guide et d’un sherpa népalais.
Nerveuse? Un peu, répond Sandra Dion qui craint de voyager seule.
«Je serai seule en avion, dit-elle. Lors du départ à Montréal, lors des escales en Suisse et en Inde, puis lors de l’arrivée au Népal. Ensuite, je devrai faire des liens avec un inconnu (le guide) pour pouvoir me confier à lui si ça ne va pas. Mais je suis certaine de faire de belles rencontres.»
Aventurière
En fait, l’agente aux communications du Service de police de la Ville de Québec a décidé d’attaquer l’Everest en septembre dernier. L’élément déclencheur : l’approche de ses 40 ans, un âge qu’elle atteindra en février.
«Je courrais sur une piste d’athlétisme, se rappelle-t-elle. J’étais bien. Il faisait beau. Puis j’ai pensé à mes 40 ans et me suis dit qu’il me restait peut-être seulement trois ans à vivre. Je devais faire quelque chose. Puis j’ai eu cet éclair, l’Everest, pour me rapprocher des gens morts du cancer.»
Mais Sandra Dion n’en est pas à ses premières aventures. Originaire de Lac-Beauport, la jeune femme a grandi aux côtés de la kayakiste olympique Caroline Brunet. Elle a pratiqué le ski et la planche à voile.
C’est d’ailleurs en planche à voile qu’elle a récolté deux médailles lors des Jeux mondiaux des policiers et pompiers, à Québec, en 2005. Une médaille d’or, l’autre d’argent. En mai dernier, elle participait même au marathon d’Ottawa.
Côté scolaire, elle a d’abord étudié à l’Université Laval en Sciences politiques. Puis elle a déserté le Québec, question de poser ses valises en Californie durant deux ans et de poursuivre des études en histoire.
De retour en province, elle a travaillé dans les médias (derrière la caméra à Radio-Canada) puis en politique, notamment comme attachée politique du ministre Jean Leclerc.
C’est n’est qu’à 27 ans qu’elle a finalement étudié en technique policière, pour entrer dans la police à 30 ans.
«Mon parcours de vie me sert, dit celle qui détient aussi un certificat en journalisme de l’Université Laval. Quand je suis entrée dans la police, j’avais de l’expérience et une certaine maturité.»
Témoignage
Ses amis la disent fonceuse et loyale.
«Elle ne rate pas une occasion d’aller dormir sous la tente dans les bruits de la forêt. Elle est, en outre, une amie fidèle qui n’oublie pas les anniversaires», vante une copine de longue date, France-Renée Gagnon, sur le site
www.sandradion.com .
Un site Internet très important dans la démarche de Sandra Dion. Car la policière a besoin de l’aide financière du public.
En fait, tous les coûts de l’expédition seront assumés par la voyageuse. Une somme de 5 000$. Mais les dons amassés, eux, iront à la Société canadienne du cancer, section Québec. L’argent sera remis à l’Hôtel-Dieu de Québec pour la recherche, les services d’aide et l’achat de prothèses capillaires.
«Donnez 2 $, 5 $... Tous les dons sont les bienvenus, indique-t-elle. Peu importe l’ampleur du geste, ce qui comte, c’est de poser un geste.»
Pour savoir comment faire un don à Sandra Dion et la Société canadienne du cancer :
www.sandradion.com . Les internautes pourront aussi suivre le périple de la policière à cette même adresse.
Flora.chouinard
Commentaire mis en ligne le 15 septembre 2009Sandra Dion cest une bonne policière en action