Pour Alain Jacques, président de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ), un resserrement du marché oblige à davantage d'originalité dans l'offre résidentielle.
Le marché résidentiel garde un bon rythme
En dépit de l'ombre d'une crise économique qui se profile à l'horizon, le marché de l'habitation continue à bien se comporter au Québec tout comme dans la région de Québec. Les entrepreneurs en construction résidentielle doivent néanmoins être vigilants et opter pour des stratégies ciblées afin de maintenir leurs avantages concurrentiels.
Ce conseil provient d'Alain Jacques, président de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ), au sortir du 47e congrès annuel du regroupement patronal tenu en septembre dernier. À cette occasion, il a été largement question des enjeux et de l'évolution de la situation dans l'industrie de la construction résidentielle. Le thème du congrès était d'ailleurs judicieusement choisi : «rénover le passé et construire l'avenir».
De l'avis de M. Jacques, il est certain que la forte croissance des prix des maisons au cours des années 2000 contribue à réduire l'accessibilité à la propriété. De plus, la disponibilité de bons terrains à proximité des grands centres urbains s'amoindrit. «C'est pourquoi, recommande-t-il, les entrepreneurs actifs doivent privilégier des stratégies de développement qui correspondent aux attentes du marché. Car, il y a toujours des opportunités. Pour en profiter, il suffit de suivre l'évolution de la demande.»
Quoi qu'il en soit, estime le président provincial, tant que la revente restera bonne, les gens vont chercher à améliorer leur sort. C'est ainsi que le marché de la 2e et de la 3e maison ainsi que de la copropriété vient momentanément en relève aux accédants qui optent pour une maison existante.
Les données publiées lors du congrès 2008 tendent à donner raison aux optimistes. En effet, la baisse attendue du nombre de constructions en lien avec la diminution du nombre de nouveaux ménages n'a pas encore eu lieu. Du moins, entre janvier et août 2008, le nombre de mises en chantier résidentielles dans les grands centres urbains s'élevait à 26 413 unités, contre 26 089 unités durant la même période en 2007.
Reste que 2009 devra faire place au réalisme. De fait, les indicateurs économiques sont à l'effet qu'un ralentissement graduel de la demande est à prévoir sur le marché résidentiel. Le principal élément d'inquiétude à l'aube d'une crise économique mondiale qui finira par avoir des répercussions ici réside dans le fait que le niveau d'endettement des ménages est élevé.