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Lettre aux citoyens de la Ville de Québec

Article mis en ligne le 27 novembre 2008 à 10:54
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Lettre aux citoyens de la Ville de Québec
Depuis un an déjà, les conditions de travail des employés de la Ville de Québec font l’objet d’une attention plus que particulière dans les médias. La décision du maire Labeaume de négocier sur la place publique et la façon dont il s’y prend sont à l’origine de toute cette attention.

Dès le départ, le maire et le conseiller Richard Côté ont adopté une position extrême, fermée aux discussions fructueuses, à toute ouverture possible, à toute négociation. Et plus ils médiatisent une position, plus ils cherchent à la défendre, plus ils s’y attachent, plus ils s’acharnent à vouloir démontrer qu’il leur est impossible de la changer.

Le maire cherche une victoire, non pas un accord. Cette approche est la cause évidente de l’absence d’aboutissement d’un accord négocié. À supposer qu’un accord soit possible dans la confrontation et en manipulant l’information.

Les déclarations publiques du maire concernant les conditions de travail des employés de la Ville de Québec sont souvent tendancieuses et semblent n’avoir qu’un seul objectif: opposer les employés entre eux et soulever l’indignation de la population face aux conditions de travail des employés municipaux. Telles ont été ses affirmations sur le nombre moyen de congés de maladie, sur le rendement des caisses de retraite au 30 septembre et au 15 octobre 2008, sur la progression de la masse salariale, sur les bénéfices des régimes de retraite…

À l’exception du maire Labeaume, aucun maire de la Ville de Québec, ni au Québec, n’a utilisé une telle stratégie de dénigrement et n’a cherché à contourner délibérément les droits à la libre négociation prévus dans le Code du travail.
Masse salariale
L’augmentation de la masse salariale des employés municipaux fait beaucoup jaser le maire. Il omet cependant de dire qu’elle est due à l’embauche d’employés additionnels en réponse aux demandes d’harmonisation des services dans les arrondissements formulées de manière insistante par les conseillers municipaux dès le début de la ville nouvelle.

Ce ne sont pas les syndicats qui ont décidé, ni qui décident, du nombre d’employés nécessaires à la réalisation de la mission de la Ville de Québec. Il faut préciser que même sans le regroupement le 1er janvier 2002, la CUQ et les municipalités auraient connu des augmentations importantes de leur masse salariale (salaires et avantages sociaux). En effet, elles aussi auraient été assujetties aux nouvelles normes comptables et à la Loi sur l’équité salariale notamment. Leur budget aurait indéniablement subi tous les effets néfastes de la crise financière actuelle.

Le maire Labeaume se veut alarmiste alors que dans les faits, la rémunération globale par rapport aux dépenses totales de la Ville de Québec est inférieure à celle des villes comparables : Ville de Gatineau : 46,3 %; Ville de Montréal : 45,1 %; Ville de Laval : 43,2 %; Ville de Lévis : 43,0 %; Ville de Sherbrooke : 42,1 %; Ville de Québec : 42,0 %.
Absentéisme
Selon les spécialistes, essayer de comprendre l’absentéisme est d’autant plus compliqué que les motifs peuvent varier selon le type et la durée de l’absence. Le maire Labeaume semble lui avoir compris la justification du nombre d’absences pour cause de maladie ou d’incapacité à la Ville de Québec: « les employés fourrent le système ».

La moyenne de jours d’absence par année par employé n’est pas plus élevée à la Ville de Québec que la moyenne québécoise que Statistique Canada établit à 9,3 jours par travailleur en 2006 et à 9,8 en 2007. Le taux d’absentéisme dans l’ancienne Ville de Québec n’était d’ailleurs pas élevé.

La mise en place du régime d’assurance maladie actuel à la Ville de Québec par le maire, Monsieur Gilles Lamontagne, en 1967, se justifiait par les coûts élevés du régime précédent qui comportait le remboursement des congés de maladie non utilisés. Ce régime que le maire Labeaume veut changer aujourd’hui n’est pas plus généreux que ceux que l’on retrouve dans des municipalités comparables et dans des universités au Québec.
Négociation
Ce n’est pas la première fois que les syndicats de la Ville de Québec sont appelés à négocier devant certaines réalités et que la négociation est soumise à certaines contraintes. Il est arrivé au cours de la dernière décennie que l’administration de l’ancienne Ville de Québec présente des demandes particulières aux tables de négociation. À chaque fois, les parties déposaient et expliquaient préalablement leurs enjeux et discutaient dans le respect et dans la transparence en vue de trouver des solutions.

C’est à l’intérieur d’un tel cadre de négociation, par exemple, que l’harmonisation des régimes de retraite avec effet le 1er janvier 2005 a été réalisée essentiellement aux mêmes coûts que ceux des régimes de retraite à la CUQ et dans les anciennes villes. Et pour ce faire, certains bénéfices ont dû être réaménagés et les cotisations des employés augmentées. Ce qui n’est pas le cas pour le régime de retraite des élus municipaux (RREM). En effet, la Ville de Québec assume toujours 77 % du coût (18,5 % du salaire admissible de chaque élu), soit plus de 10 000 $ par année par conseiller municipal, incluant le maire.
Respect, transparence et considération
En provoquant continuellement les employés et les syndicats, l’administration Labeaume a compromis les bonnes relations qui existaient dans les différents milieux. Les employés réalisent de jour en jour que le respect, la transparence et la considération ne sont pas des valeurs privilégiées par l’administration Labeaume.

Mais la population de Québec n’est pas dupe et elle comprendra que l’approche politicienne du maire aura des conséquences regrettables à court, moyen et long terme.
JEAN BEAUDOIN

Président, Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec

ÉRIC GOSSELIN

Président, Association des pompiers professionnels de Québec

JEAN GAGNON

Président, Syndicat des fonctionnaires municipaux de Québec

RÉJEAN ROCHETTE

Vice-président, Syndicat des employés manuels de Québec

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