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De la sensibilisation au dépistage pour prévenir le Sida

André Poulin par André Poulin
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Article mis en ligne le 26 novembre 2008 à 17:42
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De la sensibilisation au dépistage pour prévenir le Sida
Le docteur Réjean Thomas, président et cofondateur de la clinique médicale L’Actuel et fondateur de Médecins du Monde Canada, ainsi que le docteur François Desbiens, directeur santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, lors de la récente conférence de presse organisée par MIELS-Québec.
De la sensibilisation au dépistage pour prévenir le Sida
Après les campagnes de promotion des dernières années pour l’utilisation du condom, qui se sont finalement révélé peu efficaces pour enrayer la progression du VIH-sida, en raison notamment du sentiment trop généralisé de banalisation de cette maladie, le Mouvement d’information et d’Entraide dans la lutte contre le VIH-sida (MIELS-Québec) et ses partenaires Point de repère, le Projet intervention Prostitution de Québec et le Centre de santé et des services sociaux de la Vieille-Capitale priorisent désormais le dépistage pour contrer les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), qui ne cessent de progresser au Québec.
«Environ 50 % des gens infectés par le VIH-sida ne le savent pas et risque de transmettre la maladie sans le savoir», expliquait le docteur Réjean Thomas, président et cofondateur de la clinique L’Actuel de Montréal, qui a participé, le mardi 25 novembre dernier, à la conférence de presse organisée par MIELS-Québec pour promouvoir cette stratégie commune de lutte au VIH-sida et autre ITSS à l’occasion de la 20e journée mondiale de lutte contre le VIH-sida du 1er décembre.

Pour lui comme pour tous les participants à cette conférence de presse, la question du dépistage est un enjeu majeur au Québec où trois à quatre nouveaux cas de VIH-Sida viennent s’ajouter chaque jour aux 17 000 déjà dénombrés au Québec. «Ce qui vaut pour le VIH-sida vaut aussi pour la plupart des autres infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS)», comme le signalait le directeur de santé publique de l’Agence de santé et de services sociaux de la Capitale-National, le docteur François Desbiens.
Chiffres révélateurs
Ainsi, la chlamydia, une infection très répandue chez les jeunes de 15 à 24 ans a touché au Québec, en 2007, près de 15 000 personnes, dont 1 250 dans la région de Québec où l’incidence de cette maladie est supérieure à la moyenne québécoise, la syphilis a repris, en 2008, sa courbe ascendante après un an de répit suivant six années d’augmentation continue et la gonorrhée continue sa progression constante, qui est cinq fois plus importante chez les femmes que chez les hommes, qui n’en demeurent pas moins le groupe le plus touché par cette infection.
Pour inverser cette tendance désastreuse, le docteur Thomas prône une stratégie à trois volets. «D'abord, le dépistage comme moyen de prévention, puis le retour des cours d’éducation sexuelle dans les écoles et, enfin, la lutte aux préjugés dont sont victimes les sidéens, qui sont souvent contraints de vivre leur maladie seuls.»

La création depuis trois ans des cliniques de dépistage du VIH-Sida et autres ITSS, ainsi que de vaccination des hépatites A et B dans les bars et saunas de la communauté gaie de Québec par les différents partenaires impliqués dans la lutte contre ces maladies, s’inscrit dans cette dynamique à laquelle souscrit le Centre de santé et des services sociaux de la Vieille-Capitale. Cela se concrétise, d'une part. en collaborant avec les organismes communautaires aux cliniques de dépistage mentionnées plus haut et, d’autre part, en offrant à son personnel infirmier et médical des programmes de formation.

L’établissement de santé se propose aussi de favoriser une plus grande accessibilité au dépistage en organisant des cliniques à cet effet dans d’autres milieux, dont le milieu scolaire. Organismes communautaires et personnel du monde de la santé visent donc une même cible celle du dépistage comme moyen de prévention.
Cliniques gratuites et confidentielles
Pour atteindre ce but commun, des cliniques gratuites et confidentielles de dépistage du VIH-ITSS sont offertes dans le CLSC Haute-ville-Des-Rivières, ainsi qu’au CLSC Basse-Ville. Des cliniques sont aussi offertes dans les bars et saunas de la communauté gaie de Québec.
Comme en ont témoigné deux jeunes nouvellement dépistés, KellyAnn, 29 ans, et Frédéric, 25 ans, il n’y a rien de sorcier là puisqu’il ne s’agit que d’une prise de sang ou de petit pipi dans un bocal. «Après deux minutes, c’est fini. Pourquoi s’en priver?», souligne Frédéric qui expliquait sa décision de participer à une clinique de dépistage non pas seulement pour s’assurer de ne pas être infecté par le VIH-sida ou autre ITSS, mais pour calmer ses craintes d’infecter un éventuel partenaire sans le savoir. Bref, une autre façon d’être socialement responsable.
Pour plus d'information : Miels-Québec (418-649-1720) ou à SIDA-AIDE (418-649-0788).

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