Sur le parvis de l’ancienne église Saint-Esprit, devenue depuis 2002 l’École du cirque du Québec, M. Serge Roy et Mme Lucie Charbonneau de Québec solidaire ont énoncé les principes prônés par leur parti pour une gestion du patrimoine profitable pour la collectivité.
Québec solidaire propose une gestion du patrimoine profitable pour la collectivité
Plutôt que de considérer les composantes du patrimoine culturel et naturel de la Ville de Québec comme des occasions d’affaires pour les promoteurs privés ou des outils de développement touristique, comme le font le premier ministre du Québec, Jean Charest, et le maire de Québec, Régis Labeaume, Québec solidaire propose de les considérer comme des biens collectifs et des composantes du milieu de vie des résidants d’un quartier ou d’un village.
Cette vision progressiste, Serge Roy, coporte-parole régional de Québec solidaire dans la région de La Capitale et candidat dans Taschereau, ainsi que Lucie Charbonneau, candidate dans Montmagny, l’ont expliquée plus en détail lors d’un point de presse tenue sur le parvis de l’ancienne église Saint-Esprit, qui abrite depuis 2002 l’École du cirque du Québec, ce qui constitue, selon Mme Charbonneau et M. Roy, un exemple de récupération profitable à des fins éducatives et en fait un exemple de gestion progressiste du patrimoine.
Un pareil modèle de gestion pourrait être adopté dans plusieurs autres dossiers, selon M. Roy, qui prit en exemple la chapelle des Franciscaines, qui sera détruite pour être remplacée par des condos, et l’église Saint-Vincent-de-Paul, détruite sans l'autorisation du ministère de la Culture par un promoteur privé et qui aurait pu devenir un complexe d’habitation à vocation sociale jumelée à un belvédère et au projet de Robert Lepage. Le laxisme du gouvernement Charest et sa ministre de la Culture, Mme Christine St-Pierre dans le dossier de l’église Saint-Vincent-de-Paul a d’ailleurs été dénoncé par M. Roy, qui réclame que les termes de l’entente intervenue entre le ministère de la Culture et le promoteur Jacques Robitaille des hôtels Jaro relativement à son projet de construction d’un hôtel sur le site de cette église soient rendus publics. «On agit comme si on attendait que la façade tombe d’elle-même» dénonça alors M. Roy. La chapelle des Franciscaines, qui aurait pu devenir un centre communautaire ou une clinique de médecine familiale, ou encore, l’agrandissement du Musée national des beaux-arts, qui pourrait se réaliser sur les ruines du Manège militaire constitue d’autres exemples de gestion progressistes de biens patrimoniaux.
Pour passer de la parole aux actes
Pour passer de la parole aux actes, Québec solidaire proposent de donner droit de regard aux citoyens sur les décisions portant sur les éléments de patrimoine de leur quartier ou de leur village par l’attribution de pouvoirs spécifiques aux Comités des citoyens et citoyennes existants, ou par la création de comité ad hoc dont la moitié des membres devrait être des citoyens et citoyennes du quartier ou du village concerné.
Cette vision de Québec solidaire en ce qui a trait au patrimoine bâti vaut aussi pour le patrimoine naturel, pour éviter que des aberrations comme le projet Rabaska ou la disparition des forêts urbaines.
Pour ce faire, Québec solidaire propose que la gestion du patrimoine culturel ou naturel se fasse en respectant des principes bien concrets tels : le collectif passe avant le privé, les résidants avant les touristes, le bénéfice social avant les profits des promoteurs, la nature avant le béton et la récupération avant la démolition, ce qui consacrera la mainmise de la collectivité sur son patrimoine collectif.