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Quand la tenue vestimentaire devient un enjeu électoral

Article mis en ligne le 17 novembre 2008 à 13:00
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Quand la tenue vestimentaire devient un enjeu électoral
De tout temps, la tenue vestimentaire a souvent été un facteur d’interprétation du théâtre social. L’iconographie très élitiste nous rappelle que le geste vestimentaire va bien au-delà des notions de bien-être physique, de commodité, d’aisance, de protection, de confort.

Les récentes critiques réservées à Mme Marois nous le confirme. Sous le paraître, il n’y a pas seulement l’être mais aussi le désir d’égalité sociale, sexuelle, juridique, politique. Cela les hommes l’ont bien compris, très peu osent se hasarder dans l’aventure de comportements vestimentaires divergents. Ainsi, il y a moins de danger d’initier une note discordante entre le langage non verbal et le langage verbal.

Si on parle d’égalité sociale, que la cravate soit large ou étroite on ne verra pas la différence. Mais, si on porte une écharpe en soie ou en cashmere retenue par une broche en or, on crée non seulement une frontière à ne pas franchir, mais on sert à ses électeurs et électrices un discours pour le moins paradoxal. Il n’est pas nécessaire d’emprunter une apparence misérabiliste pour rejoindre l’autre, mais les arènes politiques ont aussi leurs codes vestimentaires qu’il convient de connaître. Les divergences identitaires sont permises, mais le lien social et culturel ne doit pas être rompu si on veut être entendu. L’emballage corporel peut parfois faire obstacle à une véritable identification culturelle et peut nuire à la bonne interprétation du discours verbal.

Le snobisme dont on parle peut se traduire par la parure, mais aussi par l’expression faciale et par le geste. Comment peut-on aborder le thème de la convivialité et du sentiment d’appartenance en se croisant les bras et en étalant l’ostentatoire et la consommation à outrance? On peut être soi-même tout en se rappelant que les images vestimentaires sont des repères, des signes et des témoins visuels traduisant la conformité avec les idées que l’on désire mettre de l’avant. La cohésion entre le discours verbal et le discours non verbal devrait suivre la même trajectoire.

Que l’on discute d’environnement, de pauvreté, d’économie, d’ouverture à l’immigration, de culture, sur la scène politique ce n’est pas seulement un vêtement que l’on revêt c’est un outil qui doit coïncider avec ses aspirations, ses ambitions, ses sensibilités. À la lumière de ces propos, il est permis de croire que le goût de la belle vêture objet de beauté et d’esthétique suscitera une attention collective plus empathique et plus accueillante pour ne pas devenir un enjeu électoral inquiétant.
Agathe Gagné, PhD en éthnologie à Québec

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