Régis «Labombe»
Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée
C’est fini! La mèche courte de notre maire avait assez flambé. La bombe a explosé. Il faut des ententes avant le 1er décembre, sans quoi les offres de la Ville sont retirées et les prochaines augmentations de salaire se feront en date de la signature des futures conventions collectives, pas avant!
Fort de sa popularité confirmée par un sondage du Journal de Québec publié lundi dernier, notre maire a lancé cet ultimatum aux syndicats de la Ville. Les sommes prévues au budget pour un règlement seront récupérées et serviront à éponger partiellement un éventuel déficit des fonds de pension des employés de la ville de Québec.
Que l’on soit d’accord ou non avec la façon de négocier du maire et ses déclarations à l'emporte-pièce, il était temps qu’on corrige l’erreur stratégique d’avoir budgétisé des augmentations pour les salariés de la Ville. Comment penser que des employés feront des concessions quand ils savent, en consultant le budget municipal, qu’ils auront des augmentations de salaire? Une fois cette erreur stratégique corrigée, il faut maintenant qu’on en arrive à une conclusion dans cette saga qui oppose non plus la Ville et ses employés, mais le maire et les présidents des différents syndicats. Chaque fois qu’une négociation est ainsi personnalisée, il devient très difficile de trouver les compromis nécessaires à un règlement parce que personne ne veut publiquement perdre la face. Pourtant, il est grand temps qu’on fasse, de part et d’autre, les concessions requises. On trouvera bien le moyen d’annoncer une entente sans frustrer personne.
Ainsi, il semble de plus en plus évident que la Ville ne réussira pas à imposer un nombre maximum de journées de maladie à ses employés. Qu’elle concentre donc ses demandes sur l’accentuation des mesures de contrôle possible auprès de ceux qui abusent, ainsi que sur la rémunération à 80 % (plutôt qu’à 100 %) de ces absences. Il est impossible pour un syndicat de défendre bien longtemps l’abus d’une minorité d’employés. De même, il sera aussi difficile de justifier à la population (leur véritable employeur) qu’un employé malade reçoive une rémunération globale supérieure à ce que ces contribuables eux-mêmes reçoivent lorsqu’ils sont malades. Un tel compromis de part et d’autre devrait régler ce point de négociation.
De la même façon, les syndicats doivent faire preuve de souplesse en ce qui a trait aux contributions à parts égales aux fonds de pension. Cette demande de la Ville est totalement justifiée et aucun faux-fuyant n’est acceptable à ce sujet. Une proposition syndicale d’atteindre un tel équilibre des cotisations au terme d’une période de trois à cinq ans, à raison d’une hausse de la cotisation des employés d’un certain pourcentage annuellement, pourrait être un compromis acceptable pour la Ville.
Il devrait ainsi être possible de trouver des solutions pour tous les besoins des parties. Il faut, pour ce faire, dépersonnaliser les discussions. Le combat entre Régis Labeaume et les présidents de syndicats doit faire place à une négociation entre un employeur conscient du travail de ses employés et des employés qui doivent tenir compte de la capacité de payer des citoyens.