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Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée

Article mis en ligne le 11 novembre 2008 à 8:00
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Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée
Le mardi 4 novembre 2008, les Américains ont exaucé le souhait du monde entier en élisant Barack Obama comme 44e président des États-Unis d’Amérique.
Ce nouveau président métissé, né d’un père noir et d’une mère blanche, est perçu, par une grande majorité, comme un messie qui saura redonner ses lettres de noblesse aux USA, après huit années catastrophiques passées sous la direction de George W. Bush. Sans trop promettre aux citoyens, Obama a su insuffler à son peuple l’espoir, et ce, comme nul autre ne l’avait fait depuis John F. Kennedy. Dans un pays surendetté et, de surcroît, en pleine crise économique, pays en outre où plusieurs craignent pour leur avenir et celui de leurs enfants, la majorité des votants a jeté son dévolu sur cet homme de quelque 47 ans qui devra maintenant composer avec les attentes qu’il a créées au cours des deux dernières années.

La particularité du système électoral américain a fait que le démocrate Barack Obama a remporté un plus grand nombre d’états que le républicain John McCain. Il a donc obtenu une majorité importante de grands électeurs et est devenu, de ce fait, le nouveau président élu. Pourtant, malgré cette victoire, il faut aussi constater qu'Obama n’a obtenu que quelque 51 % des suffrages exprimés comparativement à 49 % pour McCain. Cette faible majorité dilue évidemment sa victoire. Elle lui indique également l’ampleur de la tâche qui l’attend pour prouver que son slogan «Change we need» est autre chose qu’un thème électoral. Il devra aussi utiliser tout son charisme et son talent pour effectuer ce changement souhaité par 51 % de la population alors qu’il est craint par 49 %.

Qu’on ne se leurre pas, les États-Unis ne sont pas différents de ce qu’ils étaient avant ces élections. Ce pays ne le sera pas non plus à compter du 20 janvier 2009, date de l’entrée en fonction officielle de Barack Obama. Il faudra du temps pour implanter les réformes promises, comme un système de santé gratuit de qualité pour tous. Il faudra probablement plus de 16 mois pour sortir les troupes américaines d’Irak. Cela, sans compter qu’il faudra parallèlement faire accepter au peuple un engagement militaire accru en Afghanistan. Il faudra aussi une nette amélioration de l’économie américaine et mondiale, pour permettre les baisses d’impôt promises à plus de 90 % de la population. Il n’est pas non acquis que la paix sera rétablie au Moyen-Orient parce que l’administration Obama dirigera dorénavant les pourparlers entre Israéliens et Palestiniens.

D’ici au 20 janvier prochain, Barack Obama devra finaliser la composition de son équipe. Avec elle, il devra aussi commencer à baisser le niveau des attentes de la population, en la conscientisant aux difficultés auxquelles ce pays devra faire face au cours des prochaines années. Bref, comme tout politicien une fois élu, il devra composer avec la vraie vie. Espérons que les Américains ne seront pas trop désenchantés et continueront, malgré tout, à croire en la démocratie. Sauf en cas de révolution, le changement réel d’un pays comme les USA est un long processus. Il ne sera perceptible que dans de très nombreuses années.

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