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Le diabète de grossesse doublerait le risque de retard de langage chez l’enfant

Article mis en ligne le 10 novembre 2008 à 10:00
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Le diabète de grossesse doublerait le risque de retard de langage chez l’enfant
Les enfants nés de mères qui ont souffert de diabète de grossesse courent deux fois plus de risques d’éprouver des problèmes de développement du langage, rapporte une équipe de chercheurs dirigée par la professeure Ginette Dionne, de l’École de psychologie de l’Université Laval. Les détails de cette découverte sont publiés dans le dernier numéro de la revue scientifique Pediatrics.
Les chercheurs ont comparé le vocabulaire et la grammaire de 221 enfants dont la mère avait reçu un diagnostic de diabète gestationnel à ceux de 2612 enfants d’un groupe témoin. Les enfants ont été évalués à plusieurs reprises entre l’âge de 18 mois et de 7 ans.

Les résultats indiquent que les enfants nés de mères qui ont souffert de diabète de grossesse obtiennent de moins bons résultats aux tests de vocabulaire et de grammaire que les enfants de mères bien portantes. Selon les auteurs, les différences entre les deux groupes sont probablement dues aux effets du diabète gestationnel sur le cerveau des bébés. L’étude montre que ces effets subsistent même après l’entrée à l’école.

Cette étude est la première à isoler l’effet du diabète gestationnel de celui d’autres facteurs incluant le statut socioéconomique de la famille, la consommation d’alcool et de tabac ainsi que l’hypertension de la mère pendant la grossesse.

Toutefois, l’impact du diabète de grossesse sur le développement du langage ne serait pas inéluctable puisque le niveau de scolarité de la mère semble en atténuer les effets. «Cette protection pourrait provenir de l’environnement plus stimulant dans lequel évoluent les enfants de mères plus scolarisées, mais il pourrait aussi être attribuable à des gènes qui rendent certains enfants moins vulnérables, avance Ginette Dionne. Pour le moment, nous ne pouvons départager ces deux composantes, mais des études en cours devraient nous permettre d’apporter réponse à cette question.»

Entre 2 % et 14 % des enfants sont nés d’une mère qui a souffert de diabète pendant la grossesse. Les facteurs de risques de cette complication durant la grossesse incluent l’âge de la mère et son indice de masse corporelle. «Comme les femmes ont des enfants à un âge plus avancé et que l’incidence de l’obésité augmente dans la population, le taux de diabète gestationnel est clairement en hausse, souligne la professeure Dionne. Le risque d’un retard de langage chez l’enfant doit être pris en compte».

Cette étude est cosignée par Michel Boivin, Jean R. Séguin, Daniel Pérusse et Richard E. Tremblay. Les auteurs sont membres du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale à l’enfance (GRIP).

* (Source : École de psychologie de l'Université Laval)

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