«Les choix qu'on va faire ne seront pas que pour 2009 mais ils auront des conséquences pour des années», a expliqué Régis Labeaume, demandant de nouveau la collaboration des employés municipaux. (Photo archives Québec Hebdo)
Débat houleux sur fond de crise financière
Le maire de Québec écorche Alain Loubier et Michel Fecteau
Les impacts de la crise financière sur les régimes de retraite des employés municipaux ont donné lieu à des débats pour le moins houleux, hier soir, au conseil municipal. Le chef de l'opposition, Alain Loubier, et le conseiller Michel Fecteau ont notamment goûté au franc-parler désormais légendaire du maire Régis Labeaume.
Lors de son intervention, le chef du RMQ est revenu sur la conférence de presse du 24 octobre au cours de laquelle le maire a évoqué un manque à gagner de 65 M$ dans les caisses de retraite que devra combler la Ville selon les règles imposées par le gouvernement. «Monsieur le maire nous a fait une grosse frousse lors de ce vendredi qu'on pourrait presque qualifier de vendredi noir, a-t-il affirmé. Mais est-ce que des pistes de solution ont été avancées par le gouvernement pour régler ce problème de façon durable.»
Entrant de plein pied dans cette porte ouverte, Régis Labeaume a souligné que la conjointe d'Alain Loubier, Ann Bourget, était actuellement directrice générale de la Fédération québécoise des municipalités et qu'elle avait participé à des rencontres avec des représentants gouvernementaux afin d'élaborer des pistes de solution. «J'ai un problème d'éthique, a-t-il soutenu. Sa conjointe a assisté à toutes les rencontres et je veux savoir dans quel contexte je vais répondre à cette question.»
Le chef de l'opposition a qualifié de «cheap» cette attaque du maire, se demandant ouvertement où il voulait en venir. «La population et les membres du conseil vont rester dans le brouillard, c'est ça le résultat de cette sortie du maire», a-t-il lancé.
«Les choix qu'on va faire ne seront pas que pour 2009 mais ils auront des conséquences pour des années», a expliqué Régis Labeaume, demandant de nouveau la collaboration des employés municipaux.
«Il ne faut pas accentuer le mouvement de panique et garder la tête froide, a ajouté la conseillère Anne Beaulieu. On nous a présenté le scénario du pire.»
Mais c'est une remarque du conseiller Michel Fecteau qui a mis le feu aux poudres et provoqué les échanges les plus virulents. «65 M$ c'est un chiffre d'Halloween basé sur des hypothèses irréalistes, a-t-il lancé. On induit la population en erreur.»
Mettant en doute les talents de mathématicien du conseiller, Régis Labeaume l'a notamment traité de «perroquet des syndicats». Malgré les demandes de l'opposition, le maire a refusé de retirer ses paroles, se contentant ironiquement de changer le mot «perroquet» pour «haut-parleur».
La politique de déneigement adoptée
Un autre débat houleux a marqué le dépôt de la nouvelle politique de déneigement qui a finalement été adoptée malgré son rejet en bloc par les conseillers du RMQ. Avec ces nouvelles règles, 27 kilomètres de trottoirs de plus que l'an dernier demeureront ensevelis et la neige sera soufflée sur les terrains dans tous les arrondissements.
Le comité exécutif a toutefois accepté d'exempter de cette pratique les résidents du secteur Les Saules dont les terrains sont menacés par les crues de la rivière Lorette tant que les travaux correctifs ne seront pas complétés. La Ville continuera aussi de déneiger tous les trottoirs des rues dont la largeur est inférieure à 6,5 mètres, une mesure touchant particulièrement les résidents du district de Saint-Sauveur.