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Meilleure gouvernance des universités

Article mis en ligne le 1 novembre 2008 à 7:35
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Meilleure gouvernance des universités
(Lettre à la ministre de l’Éducation du Québec, Michelle Courchesne). Madame la ministre, ce que je lis sur la loi en préparation confirme mes craintes. L’Uqam n’a pas réussi son projet financier (concocté en catimini avec les milieux d’affaires) et on en a blâmé sa direction. Avec raison à plusieurs points de vue quoique si l’opération avait été un succès on s’en serait réjoui. Il aurait aussi fallu scruter deux autres instances du processus de décision : l’Assemblée des Gouverneurs et le Ministère de l’Éducation. Vous choisissez la solution facile et illusoire de l’ajout d’une contrainte à la gestion de toutes les universités, sans promesse de meilleure gestion et encore moins de meilleure performance.

Je m’explique. Y aura-t-il avantage, sur les conseils d’administration, à une participation majoritaire de membres externes et minoritaires de membres internes ? Pas vraiment. Selon mon expérience il y a là illusion et satisfaction pour le Ministère de se dire : «le problème est réglé, passons à autre chose». Mon expérience m’a montré que la présence de personnes de l’extérieur n’est ni bonne ni mauvaise. Je ne me souviens pas avoir observé (comme membre de conseils d’administration, dans les rôles de professeur, doyen, recteur, président) que ces présences aient significativement aidé. Peut-être, par le nombre, allez-vous neutraliser le poids de groupes d’intérêt de l’intérieur, étudiants, personnels divers et professoraux.

Pour ce qui est de croire que les gens d’affaires aideront à gérer ou apporteront des sous, c’est habituellement une illusion. Comme vous et moi ils ne savent pas compter au-delà des additions, soustractions, multiplications. Pour ce qui est de dynamiser l’enseignement ou la recherche, les cas sont rares; la qualité d’une université dépend surtout de la valeur et des initiatives de milliers d’acteurs, étudiants et professeurs en particulier. Pour ce qui est de la contribution financière escomptée des milieux d’affaire, c’est aussi dans la plupart des cas une illusion : elle ne dépasse que très rarement l’obole de la commandite et laisse l’impression de s’employer plutôt à être à l’affut de contrats alléchants.

Je suis bien méchant n’est-ce pas. Non, plutôt sans illusion. Car je ne vois pas à l’horizon émerger ces universités exceptionnelles que nos impôts à tous sont en droit d’attendre. Avec les confortables fonds publics à leur disposition elles seront, pour la prochaine génération, simplement, oui c’est cela, bonnes et braves. Ni trop mauvaises comme nombre d’établissements du pays voisin, ni remarquables non plus comme un certain nombre (souvent sans aide publique) de ceux du même pays.
Hubert Laforge, Québec

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