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Un petit merci de temps en temps…

Frédérick Masson par Frédérick Masson
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Article mis en ligne le 1 novembre 2008 à 7:21
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Un petit merci de temps en temps…
C'est ce dimanche, soit dans quelques heures à peine, que se tiendra au Centre Bell la 30e édition du Gala de l'ADISQ. Le temps d'une soirée, artistes et artisans de la musique se réuniront dans l'immense domicile de la Sainte-Flanelle afin de célébrer comme il se doit le succès des créateurs de chez nous.
Animé pour une troisième année par Louis-José Houde, l'événement s'ouvre pour une rare fois à ceux qui font vivre l'industrie : les amateurs de musique. Car faut-il le rappeler, le public n’a pas souvent eu la chance d'assister à la fête par le passé. La dernière invitation remonte à il y a 10 ans, lors du 20e anniversaire de l’ADISQ célébré au même endroit. C'est déplorable!

Déplorable, mais surtout dommage. D'autant plus que tous sont d'avis que sans public, cette industrie n'est rien. Un artiste a beau posséder la plus belle voix, composer les plus belles mélodies et écrire les plus belles paroles, reste que s'il les chante dans la douche…

Alors pourquoi ce snobisme de la part de l'industrie (et non de la très grande majorité des artistes, faut-il le préciser)? Pour survivre, n'est-il pas prouvé qu'un homme à tout intérêt à se tenir près de celui qui le nourrit? Visiblement, certains n'ont pas compris. Avec pour résultat que les ventes de disques ressemblent étrangement aux indices boursiers en période de crise économique : c'est la chute libre. À preuve, on note actuellement un recul des ventes d'albums de l'ordre de 15 % par rapport à la même période l'an dernier.

À qui la faute de cette dégringolade? Au public et aux gouvernements, bien entendu. Le premier parce qu'il ose, au lieu de les acheter, télécharger illégalement les albums de ses artistes préférés sur Internet. Un comportement qualifié d'inconcevable, d'atteinte à la création et de vol de la part des grands bonzes de l'industrie. Les seconds, parce qu'ils ne consacrent pas assez d'argent à la culture, sommes qui permettraient notamment d'investir dans les nouvelles plateformes.

N'est-il pas juste de croire que l'industrie musicale se compare à n'importe quelle entreprise : elle ne doit jamais oublier de qui elle dépend. Dans la vie, vient un moment où il faut cesser de déverser son fiel sur les autres et regarder plus loin que le bout de son nez. C'est aussi simple que ça.

Le public est à l'industrie musicale ce que les amis sont à chaque être humain. Invitez un proche à souper une fois aux dix ans, et n'allez surtout pas lui reprocher de ne rien vous acheter en guise d'appréciation.

C'est sur des paroles de Patrick Bruel que je vous dis à la semaine prochaine :

On s'était dit rendez-vous dans dix ans;

Même jour, même heure, même pomme;

On s'verra quand on aura 30 ans...

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