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Sports d’hiver et plein air en 1908

Un brin d'histoire avec la Société d'art et d'histoire de Beauport

Article mis en ligne le 2 novembre 2008 à 15:30
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Sports d’hiver et plein air en 1908
Glisseurs qui s'amusent dans les amoncellements de neige autour de Kent House, vers 1900.
Sports d’hiver et plein air en 1908
Un brin d'histoire avec la Société d'art et d'histoire de Beauport
Hiver 1908… Québec, ville de près de 98 000 habitants, s’apprête à célébrer son 300e anniversaire de fondation. Beauport est alors une petite municipalité tout orientée vers l’agriculture. Seul son noyau villageois la distingue. Les familles nombreuses tiennent les parents bien occupés : d’un côté, l’homme pourvoyeur trime dur pour assurer des revenus décents, et de l’autre, la femme reste au foyer, c’est la tradition de l’époque. Mais il reste encore beaucoup de temps pour le loisir, et les jeux extérieurs prennent beaucoup de place.
Alors qu’en ville, les bourgeois plus en moyens utilisent les quelques plans d’eau pour le patin et que le ski fait son apparition sur les Plaines d’Abraham, ici les moindres pentes sont exploitées pour la glisse (traîneaux, toboggans, tape-cul, etc.), l’amusement le plus commun, celui de toutes les classes sociales. Sport d’hiver d’origine norvégienne, le ski amorce à son entrée dans la région.

Au bas de la chute Montmorency, Dame Nature contribue à ces joies de l’hiver. Formé par de fines gouttelettes qui se dégagent de l’eau en suspension et qui gèlent, un immense cône de glace appelé le pain de sucre accueille les festivaliers. Pouvant atteindre une hauteur de 40 mètres, il constitue une attraction touristique exceptionnelle, mais est surtout un lieu privilégié de plaisirs et de divertissements. Jeunes et adultes s’y rendent pour y glisser. D’autres préfèrent se promener à pied ou en raquettes sur la glace enneigée du bassin et jouir du paysage. Même le pont de glace qui se forme entre les deux rives du fleuve sert de prétexte à de nombreuses activités de plein air!

La raquette est cependant l’activité populaire par excellence. Empruntée à la culture amérindienne, elle est d’abord utilisée comme moyen de transport et se transforme ensuite en divertissement avec l’arrivée des Britanniques. Elle est alors à la fois activité sociale et sportive. Au début du 19e siècle, les bourgeois anglophones, les militaires postés à Québec et les officiers se promènent en raquettes sur les Plaines d’Abraham, en couples ou en groupes d’amis. Vers la fin du XIXe siècle, des clubs de raquetteurs se forment pour organiser promenades, excursions et compétitions. Ces regroupements, formés essentiellement d’hommes, sont l’occasion de vivre des activités où opportunités d’affaires et fête forment la trame de fond. On retrouve essentiellement des hommes dans les clubs de raquetteurs.

Mais qu’en est-il alors du patinage qui aujourd’hui occupe toute la place? La présence de patins est attestée en Nouvelle-France dès le XVIIe. En 1720, le père Charlevoix écrit que c’est l’amusement préféré des jeunes Québécois. D’abord les plans d’eau gelés et plus tard les patinoires installées en saison froide, seront les lieux de prédilection pour la pratique de ce sport. Développé au Canada à partir de jeux d’équipe des plus anciens, comme le Bandy anglais, le Shinny écossais ou le Hurley irlandais, le hockey est cependant le sport qui a le plus transformé le paysage sportif québécois. Dès le début du XXe siècle, il est considéré comme le sport national par les canadiens-français et, en 1908, c’est déjà un sport d’élite. Le Québec Skating Rink accueille le club les Bulldogs, célèbre club de hockey des débuts de la Ligue nationale. D’ailleurs, ce club va remporter la Coupe Stanley en 1912 et en 1913. Joe Malone, le numéro 4 de l’équipe en est le joueur vedette. Il est surnommé gentleman ou Phantom dû à son agilité, à ses feintes habiles et à sa grande vitesse. C’est le début de l’intérêt pour ce sport d’équipe qui grimpera constamment en popularité dans les années à venir. En 1909, c’est la fondation de la Canadian Hockey Association, l’ancêtre de la Ligue nationale.

Mais il n’y a pas que les sports organisés ou à équipement spécialisé qui permettent de profiter des joies de l’hiver. On assiste aussi à de nombreuses autres activités improvisées, tel que faire des bonshommes de neige, construire un fort en blocs de neige ou creusé à même les nombreux bancs de neige. Ce type de jeux extérieurs amuse les jeunes et stimule un imaginaire qui insuffle parfois à de très humbles aménagements une dimension plus grandiose que la réalité.

* (Collaboration Martin Bouchard, coordonnateur à la Société d’art et d’histoire de Beauport)
Profitez de l’exposition «Raquettes, patins et toboggans, hiver 1908», qui sera présentée par la Société d’art et d’histoire de Beauport à la salle Jean Paul-Lemieux de la bibliothèque Étienne-Parent, 3515, rue Clemenceau, arrondissement de Beauport, du 20 novembre 2008 au 11 janvier 2009, pour en apprendre davantage sur le sujet. L’entrée est libre. Information : www.sahb.ca

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