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La vie tout court

Chronique urbaine de Jean-Claude Labbé

Article mis en ligne le 28 octobre 2008 à 6:25
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La vie tout court
Chronique urbaine de Jean-Claude Labbé
Mardi midi, le ministre Claude Béchard, opéré en juin dernier pour un cancer du pancréas, est allé rencontrer ses amis députés du Parti libéral du Québec avant la reprise de la session parlementaire.
À mi-chemin dans ses traitements de chimiothérapie, M. Béchard a répondu aux journalistes présents qu’avant de penser à continuer sa vie politique, il voulait d’abord «continuer sa vie tout court». Après avoir confié que ce n’était pas facile et qu’il revenait de loin, il a ajouté «on s’accroche et on continue, ce n’est pas terminé.» M. Béchard a aussi remercié tous ceux et celles qui lui ont témoigné leurs encouragements depuis son opération. «C’est très apprécié (…) Parfois, c’est le repère ou la bouée dont on a besoin».

Presque chacun d’entre nous connait quelqu’un qui combat ou a combattu un cancer ou une maladie grave. Lorsqu’on se met à leur écoute, il est toujours fascinant de constater jusqu’à quel point la maladie a changé les priorités de vie de ces personnes. Toutefois, nous sommes malheureusement portés à oublier trop rapidement les leçons de vie qu’elle nous transmet. Il est donc bon qu’un homme public comme M. Béchard témoigne publiquement que la vie est autre chose que l’espèce de frénésie qui s’empare de nous chaque matin à notre réveil et qui nous fait courir jusqu’à ce que nous retrouvions à nouveau notre lit en fin de soirée, rompus de fatigue tout en ayant souvent l’impression, pour ne pas dire la certitude, de n’avoir accompli que des tâches futiles très éloignées de nos objectifs.

J’ai brièvement connu Claude Béchard lors de mon court séjour en politique. J’en garde le souvenir d’un homme entier, extrêmement sympathique, dévoué à la cause et batailleur comme pas un. À 39 ans, avec une carrière en pleine ascension, la vie lui a réservé un coup dur qui lui a fait prendre conscience de l’importance relative des choses. Je me demande d’ailleurs ce qu’il pense maintenant du choix du président de l’Assemblée nationale et des subterfuges utilisés par l’ADQ et le PQ pour en arriver à «l’élection» de François Gendron.

Je parie qu’il trouve aujourd’hui bien futiles ces jeux de coulisses qui n’ont finalement rien à voir avec les véritables intérêts des citoyens. Je gagerais aussi que lorsqu’il reviendra en politique, ce que je le lui souhaite pour bientôt, Claude Béchard sera différent. J’espère qu’il aura alors une grande influence sur ses collègues, politiciens de tous les partis pour leur expliquer l’importance de la vie tout court. J’ose croire aussi qu’il saura les convaincre d’accorder plus d’intérêt aux problèmes réels du Québec qu’à la joute politique partisane qui détourne souvent les politiciens des véritables enjeux pour lesquels nous les avons élus à savoir assurer notre présent et garantir notre avenir ainsi que celui de nos parents et de nos enfants. Peut-être saura-t-il aussi leur faire comprendre qu’ils doivent d’abord et avant tout travailler ensemble et non les uns contre les autres parce que c’est ce que nous attendons d’eux. Je voudrais, en fait, qu’il devienne le repère ou la bouée dont nous avons, à notre tour, bien besoin.

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