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Questions postélections

Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée

Article mis en ligne le 21 octobre 2008 à 7:15
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Questions postélections
Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée
Quelque 37 jours et 300 M$ de dépenses électorales plus tard, le Canada est encore dirigé par un gouvernement conservateur minoritaire.
Même si certains affirment que Stephen Harper a gagné son pari en étant réélu avec plus de députés, son gouvernement est tout aussi minoritaire qu’avant les élections. En effet, dans notre système démocratique, il n’y a pas de gradation de minorité, on est minoritaire ou majoritaire, point. Si, comme le prétend son conseiller Dimitri Soudas, M. Harper prévoyait être réélu de façon minoritaire, il serait, malgré ce qu’on en dit, un bien piètre stratège politique. Il serait aussi un bien mauvais gestionnaire, puisqu’il nous aurait fait dépenser une somme colossale pour rien. Si, au contraire, M. Harper prévoyait être majoritaire, il devra admettre que lui et ses conseillers ont failli à la tâche. Au-delà de ces considérations stratégiques, les résultats de cette élection soulèvent bien des questions. J’en soumets ici quelques-unes à votre réflexion.

Le Canada sort-il gagnant de cette élection, alors qu’il sera dirigé par un gouvernement qui n’aura pas les mains totalement libres pour réagir en cette période de crise économique? Les compromis qu’il devra faire pour se maintenir au pouvoir dilueront-ils les solutions qui devraient être appliquées au point de les rendre peu efficaces? La province de Québec s’est-elle isolée du reste du Canada et en paiera-t-elle le prix au profit de l’Ontario, des Maritimes et de l’Ouest? Sans député conservateur, la région de Montréal, la plus populeuse et la plus industrialisée du Québec, souffrira-t-elle de cette absence sur l’échiquier du pouvoir? La ville de Québec sera-t-elle pénalisée par l’attitude de son maire qui, en pleine campagne électorale, s’est attaqué à deux ministres importants (Jean-Pierre Blackburn et Josée Verner), tout en se plaignant de ne pas avoir accès facilement au premier ministre du Canada?

Dans un autre d’idée, la pertinence du Bloc québécois se justifie-t-elle davantage parce que ce parti a fait élire 50 députés au Québec? Le Parti libéral du Canada finira-t-il de se déchirer et trouvera-t-il un rassembleur dans le futur remplaçant de Stéphane Dion? Thomas Mulcair se contentera-t-il d’être un bon soldat (NPD) ou voudra-t-il devenir le général en chef d’un parti qui n’a jamais vraiment percé? Les Verts comprendront-ils enfin que l’environnement, tout important soit-il, ne constituera jamais une plateforme suffisante pour un parti politique qui veut être pris au sérieux?

Nous aurons possiblement les réponses à beaucoup de ces questions au cours des prochains mois. Espérons toutefois que Stephen Harper et ses principaux conseillers ne soient pas trop revanchards, sinon le Québec entier pourrait en souffrir. Dans un même ordre d’idée, souhaitons-nous que Mme Verner et M. Blackburn n’aient pas pris notre maire en grippe, car, si tel était le cas, notre région pourrait tousser longtemps.

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