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Accélérer les investissements

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 9 octobre 2008 à 16:00
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Accélérer les investissements
Pour faire suite au commentaire émis dans cette page la semaine dernière et tenter de désamorcer la crainte d'une crise financière mondiale dont les répercussions pourraient venir perturber la relative bonne tenue de l'économie canadienne et québécoise, la recette est toute simple. Elle a été éprouvée par le passé et approuvée par une majorité d'économistes : il faut que les divers paliers de gouvernements donnent l'exemple en accélérant et en devançant les investissements prévus dans les infrastructures publiques.

Certes, il n'y a pas de quoi crier au génie, mais c'est là la base du fonctionnement de l'économie. Lorsque le marché de la consommation montre des signes de ralentissement, c'est alors le temps pour les gouvernements de puiser dans leurs réserves et ressources accumulées durant les bonnes années précédentes pour soutenir l'activité économique. On l'enseigne toujours dans les cours d'initiation à l'économie et à la bonne gestion des affaires étatiques. Même que dans certaines circonstances, lorsque la récession perdure, il peut s'avérer pertinent de permettre un déficit afin de créer un électrochoc propice à renverser la vapeur.

Ici, toutefois, précisons qu'il n'est pas question de retomber dans les vieilles habitudes de nos gestionnaires inconséquents des années 1970 et 1980, qui administraient le pays et les provinces avec la carte de crédit du peuple pour faire ce qu'on appelle l'épicerie. Comme dans nos premières leçons d'économie, il faut d'abord accumuler des surplus lors des bonnes années – ce que n'arrivaient même pas à faire nos ministres des Finances d'autrefois – pour pouvoir s'offrir le luxe de dépenser davantage que le budget dans les périodes plus difficiles.

Pour l'instant, nous n'en sommes pas là du tout. Il n'y a pas lieu de paniquer, quoiqu'il faille être réaliste et proactif. La crise gronde chez nos voisins, tant aux États-Unis qu'en Europe, mais elle n'est pas encore effective ici. Toutefois, il serait présomptueux de penser que nous pourrons être épargnés. Néanmoins, la situation se présente à notre avantage, puisque nos gouvernements ont la chance de voir venir et de prévenir autant que faire se peut, pendant qu'il en est encore temps. Alors que les entreprises prudentes et les consommateurs craintifs auront bientôt tendance à réduire leurs dépenses pour se prémunir contre les coups durs inévitables d'une période creuse, c'est aux gouvernements à prendre le relais pour maintenir un certain dynamisme économique.

Comme nous l'évoquions plus haut, l'idée n'est pas de se lancer dans des dépenses folles, mais bien de devancer certains investissements qui devront être faits de toute façon. Le gouvernement provincial du Québec vient d'en faire l'annonce. Sage décision, en période trouble, de mettre au travail un maximum d'ouvriers, d'ingénieurs et d'experts sur divers chantiers d'infrastructures. De toute façon, qui se plaindra qu'on répare nos ponts, routes et viaducs, dont l'état douteux déçoit et inquiète autant qu'un krach boursier? Qui déplorera qu'on améliore nos systèmes scolaires et, surtout, de santé, en élaborant au passage un programme de développement de la médecine familiale et de recrutement d'omnipraticiens toujours manquants? Enfin, qui déplorera qu'on investisse dans des projets qui feront du Québec un meneur en matière d'énergie verte?

La Ville de Québec aussi peut tenter de faire son bout de chemin, justement en priorisant les travaux routiers, aussi bien que l'étanchéité de son réseau d'aqueduc et l'amélioration de ses infrastructures municipales, notamment en loisirs et en environnement. Reste que c'est au palier principal fédéral à donner le coup d'envoi qui va oxygéner l'économie de tout le pays. Dès après les élections de mardi, il faut que le gouvernement central, même probablement minoritaire, se retrousse les manches pour initier de grandes corvées dans ses champs de compétence. Il reste des surplus budgétaires disponibles et, surtout, tant de savoir-faire à mettre à profit pour que la crise appréhendée s'estompe pendant que le maximum de gens sera au travail…

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