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La Dominion Fish & Fruit Co active au Marché Champlain de 1900 à 1970

Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec

Article mis en ligne le 12 octobre 2008 à 14:30
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La Dominion Fish & Fruit Co active au Marché Champlain de 1900 à 1970
Installations portuaires à proximité du Marché Champlain, dans les années 1950.
La Dominion Fish & Fruit Co active au Marché Champlain de 1900 à 1970
Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec
À l'époque des années 1900, les «grandes épiceries» étaient loin d’avoir été inventées. C’était le modeste commerçant du marché qui fournissait, pour des prix dérisoires, à l’épicier du coin, la viande et les denrées alimentaires de base que ce dernier écoulait ensuite à nos aïeux citadins, peu «regardants», dans ce temps-là, à la qualité des produits offerts...
Par ailleurs, les jours de marché, surtout le samedi, les gens de la ville semblaient être tous dehors pour s’approvisionner en victuailles : volailles, gibiers, cochons de lait, primeurs de la saison. Dans les étals privés, où l’hygiène élémentaire faisait souvent défaut, s’empilaient, pêle-mêle, dans un très beau désordre, les objets de consommation les plus hétéroclites : pain, charcuterie, poisson, fruits et légumes verts, bonbons vendus «au sou» fil et aiguilles, sirop Lambert contre le rhume, balais, chandelles de suif, nauséabond pétrole pour les lampes domestiques… Tout cela, souvent recouvert de poussière ou envahi par les mouches.

En 1902, sur la place du marché Champlain, à Québec, il y avait trois commerçants qui exerçaient leur propre commerce dans de petites «bicoques». C’est alors qu’un ami mutuel des trois, Patrick Hogan, «marchand de fruits et de légumes, volailles et gibiers, poissons de toutes sortes, etc. en gros et en détail» au marché Montcalm, à la haute-ville, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste à Québec, leur suggéra d’unir leurs intérêts pour former une compagnie. Sa suggestion fut acceptée et de cette année-là date la fondation de la compagnie Dominion Fish & Fruit Ltd., dont le nom avait été choisi par M. Hogan.
Expansion et nouvelles installations
Ces trois personnes se nommaient Israël Montreuil, qui s’occupait des poissons, Joseph Simard, des fruits et légumes, et J.-N. Beaumont, de fruits, légumes et poissons. En 1910, ils ajoutèrent à leur commerce le beurre, les fromages et les œufs. Cette expansion de leurs affaires les força à faire construire, cette année-là, un entrepôt frigorifique, le premier du genre à Québec.
De 1902 à 1930, le commerce de la Dominion Fish & Fruit se fit au marché Champlain. Lorsque la Ville de Québec vendit les quais à la compagnie de la Traverse de Lévis, la compagnie fit construire un édifice de cinq étages au 43-53 de la rue Saint-Paul. J.-N. Beaumont mourut en 1915, Joseph Simard en 1923 et Israël Montreuil en 1927. C’est alors que Arthur De Varennes, qui était au service de la compagnie depuis de nombreuses années comme comptable en chef, fut nommé président et gérant général, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort, survenue en 1933.

On choisit alors Narcisse Matte pour lui succéder. Cet homme était né à Québec en 1889. Ses débuts dans le commerce furent très humbles. Après des études commerciales, il travailla pour son père qui tenait étal de boucherie à l’ancien marché Saint-Pierre, dans le quartier de Saint-Sauveur. Il passa ensuite au service de Wellie Beaumont, épicier, le frère de l’un des fondateurs de la compagnie. Son entrée dans la compagnie Dominion Fish & Fruit date de 1909.

Narcisse Matte a présidé pendant près de 30 années aux destinées de la compagnie. Il fut un des premiers membres du bureau de direction de la Canadian Fruit Wholesalers Association, ainsi que de la Chambre de commerce de Québec, dont il assura la présidence pendant un certain temps. Son frère, Charles, occupait le poste de secrétaire de la compagnie. Après des études chez les frères mariste et au Séminaire de Québec, ce dernier, en 1907, était entré au service de Charles Riverin, épicier de la rue de la Couronne, à Québec. Un an plus tard, il faisait ses débuts à la Dominion Fish & Fruit, où il fut promu rapidement voyageur, poste qu’il occupa de 1910 à 1925. À la mort d’Israël Montreuil en 1927, il reçut la charge de responsable du département du poisson de la compagnie.
Importations massives
Les fruits et les légumes que cette compagnie importait directement lui venaient principalement des États-Unis, de l’Espagne, de la Sicile, de la Jamaïque, du Mexique et de l’Amérique du Sud, un peu du Canada. Le poisson provenait de Terre-Neuve, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de la Gaspésie, de la Côte-Nord et de Québec même, où on faisait une spécialité de la vente d’anguilles et d’huîtres en gros.
En 1955, la compagnie comptait 57 employés. Huit voyageurs couvraient la ville de Québec et une partie de la province. La majorité des employés avaient plus de trente ans de service. Six avaient plus de quarante ans de présence à la compagnie. La compagnie a fermé ses portes vers 1968; à sa fermeture, le gérant de l’époque se nommait Jean-Claude Lafrenière. L’édifice abritant la compagnie a été démoli. Cette maison, quoique portant un nom anglais, était entièrement canadienne-française. Comme conclusion, il est bon de signaler l’accomplissement d’une œuvre créée de l’union de trois hommes dont le commerce était pratiquement le même.

* (Collaboration spéciale Raymond Laberge, historien)

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Fernand Matte

Commentaire mis en ligne le 26 octobre 2008
J'ai lu avec intérêt votre article sur la Dominion Fish and Fruit. Il est bon de voir jusqu'où la détermination et le talent peuvent mener un homme aux études modestes.

Fernand Matte, fils de Narcisse Matte

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