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Quel avenir pour les téléréalités?

Frédérick Masson par Frédérick Masson
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Article mis en ligne le 4 octobre 2008 à 7:40
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Quel avenir pour les téléréalités?
La saison automnale se veut plus réelle que jamais à la télé québécoise, qui propose actuellement trois des plus importants phénomènes des dernières années : Loft Story, Star Académie et Occupation Double. Regardés par personne, mais dépassant néanmoins le million de spectateurs à chaque semaine, ces gros canons ont pour principale qualité d'intriguer même les plus réfractaires… comme quoi chacun possède en son for intérieur un petit côté voyeur.
Et ça, les diffuseurs l'ont compris. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple? À quoi bon se casser la tête pour confectionner le meilleur kaiser au thon quand on sait que le bon vieux sandwich aux cretons fera l'affaire. C'est là, à mon avis, le problème des émissions de téléréalité. Dans la trop grande majorité des cas, elles sont sans saveur. Trop prévisibles.

Loft Story en est un bon exemple. Rien de neuf, si ce n'est qu'un décor revampé. Pour le reste, on a simplement déniché de nouveaux «sujets», qui verront leurs faits et gestes épiés quotidiennement. À chacun revient la mission d'attirer positivement l'attention, afin que le soir venu, son minois soit bien en vue au petit écran. De là naîtra le vainqueur.

Star Académie : même constat. Avec ses auditions en direct, le show animé par Herbie Moreau «s'american idolise». Non pas que Pierre Marchand, Marianik Giffard et Stéphane Laporte soient incapables de chausser les chaussures de Randy Jackson, Paula Abdul et Simon Cowell, mais il est plus qu'évident que le bébé de Julie n'a pas su profiter de ses années sabbatiques pour s'insuffler un nouveau souffle. L'arrivée de René Angélil à titre de directeur de l'Académie saura-t-elle apporter ce vent de fraicheur? J'en doute fort. Au bout du compte, le grand gagnant sera celui ou celle qui restera le plus discret possible au cours des premières semaines et qui, au moment opportun, chantera haut et fort toute sa mélancolie. En ce sens, une pièce de Jean-Pierre Ferland fait toujours la job…

En ce qui a trait à Occupation Double, voilà peut-être celle qui a su se réinventer un peu. Si le concept de former des couples est totalement ridicule (les nombreuses ruptures présentées à la Une du 7 Jours en témoignent), n'en demeure pas moins que certains revirements arrivent à surprendre le spectateur. Mais à la base, reste qu'il s'agit davantage d'un show de «bitchage» que d'idylles amoureuses.

Quel sort l'avenir réserve-t-il aux téléréalités? Difficile à prédire. Il en dépendra des grands penseurs, qui auront à trouver de nouvelles idées sans quoi ils devront faire leur deuil des millions de téléspectateurs et des revenus publicitaires qu'ils engendrent. Car la grande force des téléréalités, c'est qu'elles permettent de se comparer à d'autres tout en évitant de se regarder dans la glace. De témoigner des problèmes des uns, et d'oublier les nôtres. De faire abstraction de notre réalité…

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