Réfléchir plutôt qu'improviser
Volte face, marche arrière, retour à la case départ… À force de se reprendre, il arrive après un moment qu'on donne la vague impression de ne pas être tout à fait maître de la situation. Depuis quelque temps, à la Ville de Québec, on sent une petite tendance à l'improvisation. Rien de bien vilain, mais à la longue, on pourrait risquer de replonger dans ses vieux clichés de gros village notre Capitale nouvellement ragaillardie par le succès de son 400e anniversaire de fondation.
Non pas que l'administration du maire Labeaume soit à blâmer sévèrement, surtout qu'il ne s'agit parfois que de petits écarts ponctuels et sans trop de gravité. Néanmoins, il y a toujours lieu d'exiger l'excellence et de tenter d'y tendre, même en sachant qu'elle demeure impossible à atteindre. C'est le karma de tout chef, politicien comme entrepreneur. Viser à faire toujours mieux, et éviter les faux pas en commençant par apprendre de ses erreurs, plutôt que de les répéter. En cette matière, comme l'écrivait le collègue Jean-Claude L'Abbée dans une récente chronique urbaine intitulée «Lucky Labeaume», notre maire fort apprécié d'une majorité de citoyens tire, à l'occasion, plus vite que son ombre. Cela se produit généralement lorsque lui ou son administration ou encore sa fonction publique déborde d'enthousiasme pour une idée ou un projet. La démarche est souvent remplie de bonnes intentions, mais le résultat est parfois qu'il faut rappeler l'annonce, sinon revoir son étendue à la baisse.
C'est arrivé cet été, à l'approche de la dernière projection du Moulin à images. Voulant faire plaisir à sa population, le maire Labeaume a illico annoncé l'intention d'engager des fonds publics pour prolonger le spectacle chaque soir jusqu'à la mi-septembre. Finalement, une fois mis au courant, le conseil municipal a donné son aval, mais jusqu'au 7 septembre. Et, tant qu'à avoir eu des plaintes de résidants du Vieux-Port, on en a profité pour faire d'une pierre deux coups et devancer le tout d'une demi-heure.
La même chose s'est produite un peu plus tard, lorsque le Service des communications a envoyé un communiqué aux médias annonçant la gratuité de la baignade, du patinage et du hockey libres. Devancé pour une rare fois par ses fonctionnaires, le maire a piqué une petite crise et a tout bloqué, comme s'il s'agissait d'un projet farfelu et impensable. Pourtant, une vingtaine de jours plus tard, le feu vert était donné. Plus récemment, ce fut l'inverse, alors que la Ville tenait mordicus à son nouveau règlement plus sévère pour ne pas dire intransigeant en matière d'affichage commercial. Or, on vient d'annoncer qu'on met toutes ces belles intentions esthétiques sur la glace, le temps de refaire des études et d'inclure, comme cela aurait dû être fait au départ, les entrepreneurs dans le processus de réflexion. On n'a pas idée à quel point les solutions peuvent être simples et surtout engageantes, lorsqu'elles viennent de la bouche même des intervenants concernés.
Avec l'expérience, le maire Labeaume développera sans doute le réflexe de mettre de côté son chapeau d'homme d'affaires pressé d'obtenir des résultats, pour enfiler celui de gestionnaire d'une belle et grande ville dont le développement nécessite d'être mûrement réfléchi. D'ailleurs, il a fait régulièrement la démonstration de sa capacité à chausser les souliers des prédécesseurs Boucher, L'Allier, Pelletier et Lamontagne, qui ne sont pas les derniers venus en matière d'administration municipale. Il doit juste apprendre à rester zen devant les micros et caméras des médias, pour résister à la tentation de livrer ses états d'âme en public, avant de les avoir mis à l'épreuve au sein de son exécutif aussi bien que du conseil municipal…
Jean Tougas
Commentaire mis en ligne le 28 septembre 2008effectivement l équipe Labaume sont un peu vite dans les annonces... Ils viennent tout juste d annoncer que le 400 e
a couté 900,000 de plus que prévu.De plus il cherche un spectacle de cloture qui en coutera encore 1 million de plus...J espere qu il ne coupera pas dans les services...
Est ce vraiment indispensable...? annoncera t il une augmentation de taxes suite a des festivités...Entendons nous c est la fête (400e) mais la guerre avec tout ses employés !!! alors il serait temps d arreter de festoyer et relever ses manches pour enfin donner un sentiment de fiereté a ces employés qui ont livré la marchandise d une manière exemplaire dans tout ces beaux evenements.