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Un «super» marché

Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée

Article mis en ligne le 30 septembre 2008 à 6:00
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Un «super» marché
Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée
Vendredi dernier, le quotidien Le Soleil nous informait que la Ville de Québec était prête à investir 5 à 10 M$ dans le Marché du Vieux-Port, «pour le rendre plus attrayant et plus confortable» et réaliser le rêve du maire Labeaume d’avoir un «vrai marché» à Québec.
Or, la problématique du marché du Vieux-Port est très particulière. En effet, le gouvernement fédéral est propriétaire du site tandis que la municipalité est propriétaire de l’édifice. La Ville de Québec s’apprête donc à investir des sommes importantes dans un endroit dont elle n’a pas le plein contrôle. À titre d’exemple, le fédéral, propriétaire de tous les terrains dans le Vieux-Port, a récupéré, cet été, des stationnements réservés aux clients du marché pour créer l’Espace 400e. Cela a aggravé un problème qui existait déjà, alors que les espaces de stationnement déjà insuffisants du marché sont souvent envahis par des visiteurs qui y laissent leur véhicule pour de longues périodes de temps.

Lorsque je vais au Marché du Vieux-Port, je déplore, bien sûr, la décrépitude des locaux et la difficulté que j’ai à m’y stationner. Mais, pire encore, je constate à chaque fois la difficulté d’y accéder facilement et rapidement compte tenu de sa localisation. Pour tous les usagers du marché qui ne demeurent pas dans les parages immédiats du Vieux-Port, cette difficulté d’accès devient un inconvénient tel que nous préférons souvent nous rabattre sur le supermarché si facilement accessible et avec de si vastes espaces de stationnement.

Avec raison, le maire Labeaume veut que notre ville ait un vrai marché. «Le mot est lancé», a-t-il déclaré au Soleil. «On va le faire comme il faut. Après, ça va être fait et on ne recommencera pas dix fois.(…) Il faut que ce soit pour le moins confortable, bien installé pour les marchands qui sont là à longueur d'année.(…) Il faut que ça garde un aspect terroir. Quand tu vas là, c’est parce que tu veux vivre une autre expérience qu’au supermarché». Il faut donc, aurait-il pu ajouter, qu’un tel vrai marché soit facilement accessible pour l’ensemble de la population. Il faudrait aussi qu’il ne soit pas constamment à la merci d’un autre niveau décisionnel que la Ville.

Avant d’entreprendre des travaux importants dans un endroit où elle n’a pas l'entière juridiction, on peut donc se demander s’il ne serait pas pertinent d’analyser la possibilité de déplacer le marché ailleurs que dans le Vieux-Port. Un tel déplacement pourrait d’ailleurs être envisagé en complémentarité d’autres objectifs de la Ville. Ainsi, le secteur d’Estimauville, qu’on veut développer, pourrait-il bénéficier de l’apport d’un marché? Le quartier Lebourgneuf, situé en plein cœur de la banlieue, connaît un essor domiciliaire exceptionnel, pourrait-il devenir l’hôte d’un nouveau marché plus central et accessible?

Bref, dans le contexte actuel, avant d’investir au Vieux-Port, il y a peut-être lieu d’envisager un endroit plus propice pour l’établissement d’un marché. Quitte à ce qu’on investisse plus que les 5 à 10 M$ actuellement envisagés.

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