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Développement du Grand Nord québécois et réchauffement climatique Le Québec pourrait apprendre de l'Ontario

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Article mis en ligne le 18 septembre 2008 à 14:47
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Développement du Grand Nord québécois et réchauffement climatique 
Le Québec pourrait apprendre de l'Ontario
Le Grand-Nord québécois et ses tourbières sont, selon Christian Simard, directeur général de Nature Québec, un Fort Knox du carbone.
Développement du Grand Nord québécois et réchauffement climatique

Le Québec pourrait apprendre de l'Ontario
Le développement sauvage du Grand Nord québécois pourrait ouvrir les vannes de l'un des plus grands réservoirs de carbone au monde accélérant du coup le réchauffement climatique, soutiennent trois organismes environnementaux.
Comme pour le slogan des saucisses Hygrade, plus le réchauffement climatique s'accentue, plus le pergélisol fond dans le Nord québécois. Et, plus le pergélisol fond, plus le carbone qu'il contient se libère favorisant à son tour le réchauffement climatique.

Les organismes environnementaux : Initiative boréale canadienne(IBC), Nature Québec et la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Québec) estiment que ce n'est pas parce que ça va mal que c'est une excuse pour en remettre. Non que d'accentuer le phénomène par un brassage massif des sols, conséquence directe d'un développement à tout crin du Grand Nord Québécois.

Christian Simard, directeur général de Nature Québec, affirme que lorsque l'économie se met à aller mal, les gouvernements ont tendance à utiliser les ressources naturelles pour doper l'économie. "Le gouvernement Charest a mentionné à de nombreuses reprises son projet de Plan Nord pouvant générer des centaines de milliers d'emplois et qui vise l'ouverture du Grand Nord à l'exploitation minière, au développement du secteur de l'énergie et à l'exploitation des ressources naturelles en général. Au lieu de réagir dans plusieurs années aux problèmes environnementaux à venir, suggère-t-il, anticipons pour une fois, et prenons des mesures avant".

Les territoires nordiques, couverts de forêt boréale, de taïga et de toundra s'avèrent des écosystèmes clés de l'équilibre climatique mondial. Les tourbières et le pergélisol, gelé en permanence, sont parmi les plus importants puits de carbone au monde. Le pergélisol, recouvre 25 % du territoire nordique québécois.

L'activité industrielle massive et la mise en place de ses infrastructures entraîneraient la libération de millier de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre jusqu'à 20 fois plus puissant que le CO2.
Protection réclamée
"En 2007, 1 500 scientifiques émérites, dont 76 Québécois, ont demandé aux gouvernements mondiaux de protéger au moins 50 % de la forêt boréale non exploitée, de la taïga, et de la toundra", précise Harvey Locke, porte-parole de l'IBC au Québec. Les trois organismes environnementaux ne demandent rien de moins que la transformation, en espace protégé, de 50 % de tout ce qui est au nord du 50e parallèle.
Ambitieux? Alors que le gouvernement peine à rencontrer son engagement de protéger 8 % du territoire québécois. M. Locke réplique que le gouvernement ontarien s'est déjà engagé, lui, en juillet dernier à protéger 50 % de son territoire nordique. Ce gouvernement a réalisé, selon lui, sa responsabilité planétaire dans la lutte aux changements climatiques. Le nord ontarien et québécois sert de coffre-fort à près de 10 % du carbone emprisonné dans les sols de la planète.

"Il y a 15 ans, lorsque le territoire protégé représentait moins de 1 % du Québec, on nous traitait d'hurluberlus de demander 8 %, continue Christian Simard. Nous y arriverons probablement cette année. Protéger 50 % du nord, ce n'est pas comme dans le sud, dans des zones habitées, c'est beaucoup plus facile politiquement parlant."

"Combinés aux territoires protégés de l'Ontario, et des autres provinces, cela pourrait créer la plus grande ceinture verte au monde, affirme Marie-Ève Marchand, directrice générale de SNAP Québec. Au Québec, en ce moment, il y a plus de territoires qui sont dévolus à l'industrie minière que de territoires protégés!"
Vaste territoire
La forêt boréale non exploitée, la taïga et la toundra couvrent près de 1 million de km2 soit près de 60 % du territoire québécois. Les trois organismes souhaitent donc que le gouvernement protège 500 000 km2. Aucune exploitation n'y serait autorisée. La demande des groupes écologistes multiplierait par six la superficie actuelle de territoires protégés au Québec faisant bondir le pourcentage des zones protégées de 6 à 35 %.
Les porte-paroles des organisations s'exprimaient mercredi dernier lors d'une Conférence de presse tenue en marge du Colloque du Conseil canadien des aires écologiques qui se déroulait à Québec.

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