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Courville, pierre angulaire de Québec

Un brin d'histoire avec la Société d'art et d'histoire de Beauport

Article mis en ligne le 21 septembre 2008 à 12:30
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Courville, pierre angulaire de Québec
Oeuvre de Cornelius Krieghoff, titre: Jean-Baptiste Jolifou, Aubergiste, 1871, huile sur toile. Centre d'archives de la SAHB.
Courville, pierre angulaire de Québec
Un brin d'histoire avec la Société d'art et d'histoire de Beauport
C’est de l’une des terrasses de Courville, en surplomb du fleuve, que le chevalier de Lévis a tenu tête et mis littéralement en déroute l’armée de Wolfe, le 31 juillet 1759, et failli ainsi changer le cours de l’histoire de la Nouvelle-France!
C’est à Courville que fut construite la première résidence d’été du gouverneur, bien avant que ses successeurs ne s’installent à Sillery. À partir de 1901, le Kent House (manoir Montmorency) a attiré en toutes saisons une clientèle qui n’avait rien à envier à celle du non moins célèbre Château Frontenac. C’est à Courville qu’est apparu le premier Jardin zoologique de la région, 30 ans avant celui de Charlesbourg, et qu’on y a aménagé le premier terrain de golf en périphérie de la ville, ainsi que l’une des premières centrales hydroélectriques du Canada qui alimenta l’un des tout premiers tramways et illumina la première installation publique de Québec, la terrasse Dufferin, le 29 septembre 1885.

C’est également à Courville que se sont établies des familles pionnières de Nouvelle-France (les Vachon, Tessier, Pelletier, Lemieux, Provost, Mignault, Bourguignon et plusieurs autres) sur des terres curieusement découpées le long de l’avenue Royale.
Charles Cadieux dit Courville
Le village de Courville tire son nom de Charles Cadieux dit Courville, né à Thury, en Normandie (France). Il apprend la langue algonquienne et devient interprète dans la région de Tadoussac. Au cours d’un voyage en France, il épouse Madeleine Macart, qui l’accompagne à son retour en 1655. Il obtient une terre dans la seigneurie de Beauport, près de la chute Montmorency en 1661, mais continue de voyager sur la Côte-Nord et au Saguenay. Il s’établit définitivement vers 1675, lorsqu’il achète les terres voisines de sa concession. Sa propriété s’étend alors de la rivière Montmorency jusqu’à la côte qui porte son nom.
Courville conserve sa vocation agricole jusqu’à la fin du XIXe siècle. L’essor de la Montmorency Cotton Mills favorise alors le développement du secteur. Plusieurs travailleurs du textile ne trouvant plus où se loger dans le village de Montmorency, s’établissent ainsi en haut de la côte de Courville.
Haut lieu de l’histoire militaire
Vis-à-vis du camp de Wolfe dressé sur la rive est de la Montmorency, le territoire de Courville est un site stratégique pour la défense de Québec en 1759. La défense française érige trois postes de garde protégés par des retranchements de campagne aux abords du lac du Délaissé, afin d’empêcher les soldats britanniques d’emprunter le passage à gué à cet endroit. Le 31 juillet, les hommes de François Gaston de Lévis repoussent les attaquants britanniques. Le 10 août, M. de Repentigny défait l’ennemi au gué de Montmorency. Quelques maisons en place à cette époque existent toujours sur l’avenue Royale. La tradition orale veut que la maison de ferme Théophile Grenier ait servi de quartier général aux officiers français.
Le manoir de Montmorency
Vers 1781, le gouverneur Haldimand fait construire une villa tout près de l’escarpement à environ 300 m de la chute. Elle est louée de 1791 à 1794 par Edward Augustus (duc de Kent et père de la reine Victoria) et sa compagne, Madame de Saint-Laurent. Au début du XIXe siècle, le domaine devient la propriété de Peter Patterson, seigneur de Beauport et marchand de bois qui exploite le moulin au pied de la chute. Sa fille, Mary Jane, agrandit la résidence et aménage les jardins en 1851.
En 1901, l’hôtel Kent ouvre ses portes. Un funiculaire, un jardin zoologique, un carrousel, un théâtre, une patinoire, une glissoire et un terrain de golf attirent la population et les villégiateurs à l’hôtel en toutes saisons. Le domaine est acquis par le gouvernement du Québec en 1974. Un vaste programme de restauration est entrepris en 1992, mais un mois à peine avant la fin des travaux, le feu détruit totalement le grand bâtiment, qui est aussitôt reconstruit.
Facettes de la vie en haut du Sault
Le dimanche 28 septembre prochain, la Société d’art et d’histoire de Beauport propose de visiter trois intérieurs anciens du quartier de Courville. Quelques secrets de ces grandes maisons de pierres dotées de hauts soubassements et singulièrement implantées par rapport à la voie publique vous seront révélés. Et qui sait? Peut-être trouverez-vous parmi celles-ci la légendaire auberge de Jean-Baptiste Jolifou, qui a maintes fois inspiré le peintre Cornelius Krieghoff. Les différentes représentations de l’auberge Jolifou montrent de grandes maisons en pierre dotées de cheminées aux mûrs pignons et de galeries sur un ou deux étages correspondant au type de maisons que l’on retrouve à Courville.
Deux départs, à 13 h et à 15 h. Durée de la visite : environ deux heures. Pour information : (418) 641-6065 ou www.sahb.ca

* (Collaboration spéciale Paul Labrecque et Denyse Légaré)

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