Chapeau M. Provencher
Tous les rêves méritent d'être réalisés. Faire l'acquisition d'une maison, sauter en parachute, vivre jusqu'à 100 ans… S'il faut parfois un soupçon de chance, voire un petit coup de pouce du destin, n'en demeure pas moins que les plus belles réalisations résultent, dans la très grande majorité des cas, d'une idée lancée dans un moment de folie. Il suffit ensuite d'y croire.
Au printemps 2007, le directeur musical de la chorale La Clé des Saisons, François Provencher, cherchait une façon originale de souligner le 400e anniversaire de Québec. Quelques nuits blanches plus tard, et après avoir planché sur différents scénarios, il passait en mode action. Objectif : former, spécialement pour l'occasion, le Grand Chœur des 400 voix.
À une époque où les différents ensembles vocaux peinent à dénicher des choristes, celui que l'on surnomme le «semeur de chorales» se donnait pour mission d'en réunir 400 pour un seul et même projet. Une idée farfelue? Pas pour le principal intéressé.
Sans même hésiter un seul instant, François Provencher a décidé de plonger tête première dans ce qu'il considère aujourd'hui comme une de ses plus belles réalisations. Des mois de répétitions furent nécessaires afin d'attacher les ficelles du projet. Car le défi allait au-delà de la chanson; il lui fallait faire de ce tonnerre de voix une famille. Dès lors, tout devenait possible. Aujourd'hui, force est d'admettre qu'il a réussi.
Après des passages plus que remarqués à l'église de la Nativité de Beauport et à l'église Saint-Roch, les artistes amateurs ont eu droit à la consécration, le week-end dernier, en se produisant à deux reprises dans un Palais Montcalm rempli à pleine capacité. Des spectacles au terme desquels le public s'est levé d'un bon, applaudissant à tout rompre les chanteurs. Un succès qui n'est certainement pas étranger à la force du répertoire présenté, lequel prône des valeurs telles la paix, la justice, la fraternité et l'espérance, mais aussi à l'énergie déployée par les chefs de chœur Céline Binet, Marie Coulombe, Richard Vidal et, bien sûr, François Provencher.
Au moment de dresser un bilan des célébrations de 2008, tous se souviendront des Gélinas, Lepage, McCartney, Dion et compagnie. À cette prestigieuse liste devra être ajouté le nom de François Provencher, qui a donné à Québec un de ses plus beaux cadeaux : un bouquet de voix.
M. Provencher, «400 voix» bravo!