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Vous avez dit Zip?

Éric Boucher par Éric Boucher
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Article mis en ligne le 13 septembre 2008 à 7:15
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Vous avez dit Zip?
Mme Hassein-Bey estime qu’il reste encore beaucoup de travail à accomplir avant de pouvoir redonner le Saint-Laurent au monde dans la région de Québec…
Vous avez dit Zip?
Dès qu’un projet touche le réaménagement du fleuve dans la grande région de Québec, vous pouvez parier que la Zip (Zone d'intervention prioritaire) de Québec et Chaudières-Appalaches y a été mêlée de près ou de loin. La liste des projets auxquels a contribué l’organisme d’une quinzaine d’années, est impressionnante. Pourtant, il demeure peu connu du grand public.
Le Comité Zip de Québec en profitait hier, sur le Louis Jolliet, à même son milieu de travail, le fleuve, pour faire le bilan des actions menées par l’organisme à but non lucratif au cours des dix dernières années afin de redonner l’accès des cours d’eau, mais plus particulièrement du fleuve à la population.

La journée bilan, intitulée «Il y a longtemps que je t’aime»,

présentée comme une grande fête du Saint-Laurent, visait également à reconnaître le travail de l’organisme qui n’obtient pas toujours le crédit qu’il mérite.

Dans la région, l’organisme a été impliqué de près ou de loin dans les dossiers des pistes cyclables des deux côtés de la rive, des parcs riverains «Le sentier d'un flâneur» à l'île d'Orléans, et des Beaux-Prés à Château-Richer, du retour de la baignade à la plage Jacques-Cartier, de la revitalisation de la baie de Beauport, d’une plage publique à l’Anse aux Foulons, de la promenade Samuel-de Champlain, de navettes fluviales entre le quai Irving et Lévis, de la revitalisation de la Saint-Charles, et j’en passe. Mais ce sont souvent d’autres noms qu’on associe à ces projets.
Le crédit aux autres
«C’est très ingrat, estime Hamida Hassein-Bey, directrice de la Zip de Québec et Chaudière-Appalaches.
C’est déplorable que notre expertise et notre travail soient si peu reconnus. Nous sommes des initiateurs, nous faisons du travail de concertation, nous faisons avancer les dossiers; mais nous n’avons pas des M$ à mettre dans les projets. On nous présente toujours comme des faiseux de bénévolat. Les politiciens et les bailleurs de fonds récoltent le crédit des projets, souvent sans même faire mention du travail de fond effectué par le comité Zip. Le projet de la baie de Beauport, à titre d’exemple, a couté 9,2 M$. C’est sûr que celui qu’on retient, c’est celui qui paie. Nous avons travaillé près de deux ans sur le parc riverain des Beaupré; notre nom n’a même pas été mentionné lors du lancement du projet…»

Marie Lagier, de Stratégies Saint-Laurent, l’organisme qui chapeaute les 14 Zip du Québec se répartissant les berges du fleuve, est réticente à comparer le travail des Zip entre elles. Elle reconnait toutefois qu’il est possible que certaines Zip jouissent dans certaines régions d’une plus grande visibilité auprès de la population locale. «Les Zip des secteurs urbains, comme celles de Québec et Montréal, sont plongées dans une mer d’organismes environnementaux, explique-t-elle. Il est donc possible qu’elles passent plus inaperçues. Elles servent souvent de bougies d’allumage à des projets qui sont, par la suite, pris en charge par d’autres organismes. À titre d’exemple, pendant huit ans, la Zip de Québec était partenaire de la descente de la rivière Saint-Charles. Aujourd'hui, l’activité est organisée par Rivière Vivante.

D’autre part, chaque Zip identifie ses priorités d’action. Le type d’interventions choisies peut aussi jouer sur la visibilité de l’organisme auprès de la population. À Québec, la Zip fait beaucoup de travail de concertation et de lobbying politique pour faire avancer les dossiers. Elle travaille aussi à la réalisation de nombreuses études scientifiques afin de mieux connaître le milieu. Ces études servent à tout le monde.»
Encore beaucoup de travail à faire
Mme Hassein-Bey corrobore cette analyse: «Nous sommes heureux quand d’autres organismes prennent le relai.»
Elle souligne toutefois que l’organisme effectue aussi des activités concrètes sur le terrain comme de l’aménagement ou du nettoyage de berge; «mais dans la région de Québec, ces activités se veulent plus des actions de sensibilisation.»

La Zip de Québec et Chaudières-Appalaches couvre sur la rive nord, le tronçon du fleuve de Cap-Rouge à Beaupré et sur la rive sud celui de Saint-Romuald à Berthier-sur-mer. Son territoire comprend 67 km de berges en rive nord, 68 en rive sud, et 78 à l'île d'Orléans.

Le plan d'action et de réhabilitation écologique (PARE), 1998-2008, pour le fleuve Saint-Laurent de la Zip régionale tombe à échéance cette année. L’organisme regarde vers l’avenir et s’engage maintenant pour un autre contrat de dix ans afin de remettre le Saint-Laurent au monde. «On pose des actions avec les moyens qu’on a. Il a fallu souvent être très créatif. Et selon Mme Hassein-Bey, il reste encore beaucoup de travail à accomplir.»
«C’est déplorable que notre expertise et notre travail soient si peu reconnus. Nous sommes des initiateurs, nous faisons du travail de concertation, mais nous n’avons pas des millions à mettre dans les projets. On est toujours présenté comme des faiseux de bénévolat.»
Hamida Hassein-Bey, directrice ZiP, Québec et Chaudières-Appalaches.

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