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D’avocat à handicapé visuel en quelques jours

Luc Fournier par Luc Fournier
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Article mis en ligne le 10 septembre 2008 à 10:51
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D’avocat à handicapé visuel en quelques jours
Me Pierre Gagnon, maintenant vice-président de l’AQDM, s’est donné comme mission de mieux faire connaître la dégénérescence maculaire, une maladie maintenant traitable, à condition d’être diagnostiquée de façon précoce. Le meilleur moyen pour détecter la maladie est la grille d’Amsler- (Photo Luc Fournier, Québec Hebdo)
D’avocat à handicapé visuel en quelques jours
La dégénérescence maculaire frappe habituellement les personnes âgées de 70 ans et plus. Toutefois, il arrive que la maladie arrive plus tôt chez certains. C’est le cas pour Me Pierre Gagnon, qui a été terrassé par la forme la plus virulente de cette maladie (humide) en 2006, alors que les traitements n’étaient pas encore disponibles.
Me Gagnon avait seulement 57 ans lorsque cette maladie attribuable au vieillissement est venue chambouler sa vie. En moins d’une semaine, l’homme au sommet de sa carrière a dû tout arrêter, ne pouvant lire que difficilement ses dossiers, et ne pouvant plus conduire sa voiture de façon sécuritaire.

«La dernière fois que j’ai pris ma voiture, je me suis fait peur à moi-même», se rappelle l’avocat qui a perdu une majeure partie de sa capacité visuelle. Dès lors, il savait que sa vie allait changer drastiquement. «Je ne pouvais plus pratiquer normalement. Il me faut voir les visages des témoins, des autres avocats. Dans le cadre de mon métier, le langage corporel est très important. Et puis, qui est-ce qui voudrait payer un avocat qui a besoin de dix fois plus de temps pour lire un dossier?», de continuer l’avocat nommé Bâtonnier du Barreau du Québec en 2003.

Celui-ci a d’ailleurs dû adapter son quotidien à sa nouvelle situation. Il a appris à lire autrement, au moyen de la lecture sonore. Il continue aussi à voir des spectacles d’opéras grâce à des lunettes spéciales. La section centrale de sa vision étant la plus atteinte, il doit maintenant davantage se servir de sa vision périphérique. «Ce n’est pas parce qu’on est handicapé visuel que la vie s’arrête, explique Me Gagnon. Il existe de nombreux outils adaptés pour les personnes handicapées visuelles. Il faut les connaître et s’en servir.»

Pour lui, le traitement est arrivé trop tard. La cicatrisation de la macula ayant déjà fait son œuvre, sa vue ne pourrait être améliorée. C’est pourquoi Me Gagnon est maintenant engagé au sein de l’Association québécoise de la dégénérescence maculaire (AQDM); il souhaite faire connaître la maladie afin que les gens qui ressentent les symptômes agissent rapidement pour freiner la progression, voire réparer les dommages faits par la maladie.

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