Selon Jeff Morrison, président l'Association des firmes d'ingénierie du Canada (AFIC), il est impérieux d'investir pour améliorer les infrastructures afin de soutenir le développement dans le monde actuel.
Important rattrapage de 123 G$ à faire côté infrastructures
Ouverture du congrès international des ingénieurs-conseils à Québec sur fond de campagne électorale
«Il y a un retard accumulé en matière de réinvestissement pour mettre à niveau les infrastructures urbaines au pays et nous comptons profiter de la tenue à Québec du congrès de la Fédération internationale des ingénieurs-conseils (FIDIC) pour le rappeler à nos élus, alors qu'une campagne électorale fédérale s'amorce.»
C'est en ces termes que s'est exprimé le président l'Association des firmes d'ingénierie du Canada (AFIC), Jeff Morrison, en marge du rendez-vous annuel de la FIDIC, inauguré ce lundi matin sous le thème «Une industrie forte au service de la société». Au cours des trois prochains jours, quelque 750 ingénieurs provenant de 65 pays discuteront d’enjeux majeurs, tels que la qualité des infrastructures, le développement durable, la protection de l’environnement, ainsi que les nouvelles formes de partage de risque comme les partenariats publics-privés.
Selon M. Morrison, il est impérieux d'investir pour améliorer les infrastructures afin de soutenir le développement dans le monde actuel. «Seulement au plan local, insiste-t-il, la Fédération canadienne des municipalités évalue le déficit à 123 G$ pour restaurer les infrastructures municipales. À cette somme, il faut ajouter un autre 125 G$ si on veut les améliorer pour l'avenir. Et, c'est sans compter les besoins provinciaux et fédéraux, au risque de vivre d'autres tragédies comme l'effondrement du viaduc de la Concorde.»
Auparavant, le maire de Québec, Régis Labeaume, a souhaité la bienvenue aux ingénieurs des quatre coins du globe en les invitant à songer ouvrir un bureau dans sa ville prochainement. «Car, a-t-il mentionné sous les rires de l'auditoire, malgré l'embellissement de la cité pour souligner son 400e anniversaire de fondation, nous prévoyons réinjecter plusieurs milliards de dollars pour compléter sa mise à neuf au cours des 15 prochaines années.»
Rôle déterminant
«Jamais dans l’histoire humaine, le rôle des ingénieurs-conseils n’a été aussi important, a affirmé à son tour John Boyd, président de la FIDIC. Avec la mondialisation, les transports de personnes et de marchandises se multiplient, les besoins en énergie sont grandissants tout comme les standards de qualité de vie, alors qu’au même moment nous faisons face à des défis environnementaux et démographiques jamais vus.»
Moteur de développement
Une eau potable de qualité, des transports adaptés et sécuritaires, des communications fiables, voilà autant d’exemples illustrant comment l’apport des ingénieurs-conseils façonne le quotidien des sociétés. «Les enjeux actuels demandent une vision globale, renchérit Jeff Morrison, président de l’AFIC, en rappelant l’importance d’intégrer l’expertise de la profession dans les décisions des pouvoirs politiques. Mieux vaut faire les choses correctement dès le départ pour ne pas avoir à recommencer par la suite. L’équilibre des milieux et la saine gestion des finances publiques, notamment, sont en jeu.»
Le Canada et le Québec chefs de file en génie-conseil
Au Canada, le génie-conseil représente une industrie de :
* 15,4 G$
* 90 000 emplois (dont 17 000 au Québec)
* Le Canada est le 4e pays exportateur de services d’ingénierie
* Le Québec compte pour la moitié de ces services rendus à l’étranger
(Source : Association des ingénieurs-conseils du Québec - AICQ).
Fondée en 1913, la FIDIC regroupe 78 associations nationales à travers le monde avec des effectifs de 2 millions d’ingénieurs. On peut obtenir plus de détails sur l'organisme et son congrès à :
www.fidic2008.org.