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La rentrée scolaire

Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée

Article mis en ligne le 9 septembre 2008 à 5:10
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La rentrée scolaire
Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée
À l’occasion de la rentrée scolaire, de nombreux spécialistes ont fait état des lacunes de nos élèves. Ils ont épilogué sur leur difficulté à bien parler et écrire le français. On a aussi dit que leur méconnaissance de l’histoire et de la géographie est quasi aberrante, tandis que leur difficulté à additionner et à soustraire menace presque notre futur économique.
Sans nier ces très importants problèmes d’apprentissage, de nombreux enseignants nous ont plutôt sensibilisés à une réalité à laquelle ils font face quotidiennement : la difficulté de contrôler leurs classes à cause de certains élèves récalcitrants, irrespectueux de l’autorité et souvent violents. Ces étudiants perturbent la classe, nuisent aux autres élèves et empêchent les enseignants de faire leur véritable travail de pédagogue. Ces professeurs nous ont aussi fait part de leur peur d’intervenir physiquement auprès de ces élèves en utilisant une force physique raisonnable comme le permet la loi. En effet, nous disent-ils, une telle intervention est devenue problématique parce que les poursuites pleuvent et que les tribunaux semblent plus enclins à condamner les professeurs qu’à les exonérer.

Pendant ce temps, nos dirigeants scolaires prétendent que les professeurs sont suffisamment formés pour faire face à de telles situations. Dans les faits, il semble que cette formation consiste surtout à aviser les enseignants de s’assurer de la présence d’un autre adulte (collègue, gardien ou cadre) avant de s’aventurer sur la voie de l’intervention physique. Pour le reste, tous semblent s’avouer vaincus devant l’impolitesse et le manque de savoir-vivre de plus en plus répandus chez de plus en plus d’élèves. Pourtant, cette préoccupation première de nos enseignants doit nous faire réfléchir.

En effet, au-delà des problèmes de réforme pédagogique, de programmes scolaires, de bulletins, de méthodes d’enseignement, d’intégration des élèves handicapés (physiques, mentaux ou socioaffectifs) dans les classes régulières où les élèves sont déjà trop nombreux, du manque de ressources spécialisées, etc., cette préoccupation des enseignants démontre qu’il est impossible d’enseigner et d’apprendre sans un minimum d’ordre et de discipline. Or, toutes les interventions autour de ce sujet mettent aussi en évidence la difficulté, pour ne pas dire l’incapacité, du milieu scolaire à faire face au manque de respect de trop nombreux élèves à l’endroit de leurs professeurs, des autres élèves et même des directeurs d’écoles.

La véritable question ne serait-elle pas de demander aux parents pourquoi leurs enfants sont impolis, grossiers et violents tant verbalement que physiquement, et ce, dès le primaire? Pourquoi ces parents exigent-ils du milieu scolaire ce qu’ils ne peuvent eux-mêmes obtenir de leurs enfants? Aller demander aux professeurs s’ils ont des problèmes avec des enfants provenant d’un milieu familial équilibré comportant des exigences et des règles de vie, la réponse sera négative. Le respect s’apprend d’abord et avant tout à la maison, comme la propreté, une saine alimentation, la religion, l’honnêteté et de nombreuses autres valeurs. Si tous les parents jouaient davantage leur rôle, les professeurs pourraient enfin jouer le leur et instruire les enfants en leur transmettant leur savoir au lieu de devoir les «élever» à la place de leurs parents.

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