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Le quartier Giffard à ses débuts

Un brin d'histoire avec… la Société d'art et d'histoire de Beauport

Article mis en ligne le 7 septembre 2008 à 5:35
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Le quartier Giffard à ses débuts
Les terres de Giffard au temps du défrichage.
Le quartier Giffard à ses débuts
Un brin d'histoire avec… la Société d'art et d'histoire de Beauport
Le quartier Giffard était inclus dans la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, concédée aux Jésuites en 1626. Les pères établissent leur domaine à l’ouest de la rivière Beauport, où ils sont les premiers à extraire de la pierre. Ils y exploitent aussi une ferme, appelée Notre-Dame-de-Bon-Secours, et un moulin, qui dessert les censitaires de la côte (premier rang). En 1749, la métairie des Jésuites est la plus importante exploitation agricole de Beauport : outre la maison des métayers, elle comprend des granges, dont une en pierre, des étables, une écurie et une bergerie.
En 1684, Mgr de Laval, le premier évêque de Québec, crée un certain nombre de paroisses en périphérie de la ville. La seigneurie de Notre-Dame-des-Anges se trouve alors partagée entre Notre-Dame-de-Québec, Saint-Charles-Borromée et La Nativité de Notre-Dame, qui s’étend jusqu’au chemin du Bourg-Royal.
Premiers noyaux d’habitation
Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’implantation de moulins, de la distillerie, puis de la brasserie de Beauport favorisent la création des premiers noyaux d’habitation. Le plus populeux est désigné Côte-des-Pères en souvenir des Jésuites. Les maisons sont construites le long du chemin Royal et de l’avenue de la Station, à proximité de la gare. À l’ouest, le Monument tire son nom de la colonne de Tempérance érigée en 1841 par le curé Charles Chiniquy. Au nord-ouest, le Petit-Village se trouve à la croisée des chemins reliant Beauport et Charlesbourg.
À l’abolition des seigneuries, en 1854, Giffard fait partie de la municipalité de la paroisse de Beauport. En 1912, quelques résidents, avec à leur tête le conseiller législatif et homme d’affaires Charles-Eugène Dubord, proposent de créer une nouvelle municipalité nommée Salaberry en l’honneur du héros de Châteauguay, Charles-Michel de Salaberry, originaire de Beauport. Constatant que cette dénomination est déjà attribuée à Valleyfield, le Parlement suggère en remplacement le nom du premier seigneur de Beauport, ce qui est accepté de bonne grâce par les pétitionnaires. Ironiquement, le nom de Giffard a ainsi été donné à une agglomération située à l’extérieur de sa seigneurie.
Hommes et femmes de carrière
En 1651, les Jésuites concèdent les terres où ils exploitent la pierre à Jacques Badeau et à Pierre Parent. Celui-ci épouse Jeanne Badeau, la fille de Jacques en 1654. Le couple devient propriétaire de toute la carrière au décès de Badeau en 1658. Avec l’assistance de son épouse, qui s’implique activement dans l’entreprise, Parent livre la pierre de taille et la chaux sur les chantiers importants du Séminaire, des Ursulines et du palais épiscopal et pour de nombreuses maisons de Québec. Jeanne et Pierre auront 16 enfants, dont des triplets, Joseph, Jean et Étienne, qui deviendront maçons et tailleurs de pierre. Charles, l’aîné, dirigera l’entreprise avec sa mère au décès de son père, en 1698.
ultiples vies d’un moulin
En 1785, Antoine Juchereau Duchesnay fait construire un moulin pour moudre le grain sur la rive ouest de la rivière Beauport, près de son embouchure. Un barrage forme un réservoir en amont, inondant l’ancienne voie publique. Le moulin est intégré à la distillerie de Young, Fraser et Grant de 1792 à 1808. Après quelques années d’inactivité, John Racey transforme le bâtiment en brasserie. La croisade pour la tempérance menée par le curé de Beauport, Charles Chiniquy, n’est probablement pas étrangère à sa faillite en 1843. François Parent et Joseph-Édouard Bédard restaurent l’édifice dévasté par un incendie en 1880. La nouvelle brasserie de Beauport ouvre ses portes en 1895. L’industrie est florissante, produisant plus de 25 000 barils de bière par année au début du XXe siècle. En 1911, l’entreprise est achetée par un concurrent en vue de sa fermeture.
Visites d’intérieurs privés anciens
Le dimanche 14 septembre prochain, la Société d’art et d’histoire de Beauport vous propose de visiter trois intérieurs anciens du faubourg de la Côte-des-Pères à Giffard. Construites sur la vaste propriété de la famille Parent, dont la renommée s’est faite à la carrière de pierres, elles illustrent les multiples usages du matériau, tantôt lambrissé de planches, enduit de crépi ou taillé par des maîtres d’œuvre. Elles se rattachent à trois courants architecturaux qui témoignent de l’évolution formelle de la maison québécoise au XIXe siècle.
Deux départs, à 13 h et à 15 h. Durée de la visite : environ 2 heures. Réservation obligatoire. Pour information : (418) 641-6065 ou www.sahb.ca
Collaboration spéciale Paul Labrecque et Denyse Légaré, en collaboration avec la SAHB.

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