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Modèles pas toujours à la mode

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 28 août 2008 à 15:30
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Modèles pas toujours à la mode
Presque à chaque rentrée scolaire, depuis quelques années, les tenues vestimentaires au goût discutable et l'hypersexualisation de la mode, surtout chez les jeunes filles, font tiquer. La surprise du début, puis l'insouciance confortable, tendent désormais à faire place à l'indignation qui, finalement, pourrait conduire à plus de discipline et de responsabilisation de la part de l'industrie du vêtement. La société se trouve interpellée, afin que la jeunesse puisse se vivre sans tomber dans les stéréotypes et les travers du monde adulte pourtant sensé lui servir de modèle.

La récente levée de boucliers de parents outrés par un catalogue de la collection Twick, exclusive chez Simons, montrant des jeunes femmes filiformes pour ne pas dire squelettiques faisant la promotion des tendances pour la rentrée, marquera peut-être un tournant pour ce phénomène social récurrent. L'indifférence populaire n'est plus au rendez-vous et les consommateurs n'hésitent plus à le faire savoir. Certes, la collection Twick, qu'un expert en éthique commerciale décrivait à Radio-Canada comme une contre-culture en Angleterre où l'appellation «twick» réfère à des grandes filles minces et même laides, sorte de revanche des «nerds» non athlétiques, s'adresse avant tout aux ados qui ont leur propre argent de poche et leur propre pouvoir d'achat. Il n'en reste pas moins que ces enfants ont aussi des parents et que ceux-ci pourraient bien boycotter d'autres collections chez le même grand magasin qui, autrement, fait la fierté de Québec.

Prompt à vouloir désamorcer la crise qui s'annonçait, le patron Peter Simons a rapidement réagi. Dès la semaine suivante, il s'est excusé publiquement et a accepté le blâme pour n'avoir pas été attentif à la maigreur des mannequins utilisés par Twick. Habile, il a aussi annoncé le retrait immédiat des exemplaires restants du catalogue controversé. Néanmoins, le mal était fait puisque tous les foyers de la région de Québec avaient déjà reçu le document en question. Ces excuses confirment à tout le moins qu'il y a bien eu faute et que le public avait raison de s'offusquer. Cet épisode a le mérite d'envoyer un message clair aux détaillants et aux créateurs de mode. En effet, il y a des limites aux images qu'on veut bien renvoyer à notre jeunesse, surtout lorsqu'on la cible comme clientèle de masse alors qu'elle se trouve dans une phase très influençable.

À cet égard, la campagne publicitaire lancée par les boutiques Garage s'avère encore moins respectueuse de l'intelligence des jeunes filles. Ainsi, l'entreprise n'a rien trouvé de mieux pour se démarquer que d'organiser une promotion invitant les adolescentes à «montrer vos plus beaux atouts» en s'habillant avec les «nouvelles coupes sexy» de vêtements en magasin. Dans le site Internet de la bannière, on parle même de «courbes dangereuses» et de «derrière d'enfer». Belle façon de contribuer à ce que les jeunes se forment une personnalité, à un âge où les psychologues reconnaissent qu'elles n'ont pas la capacité d'évaluer l'effet de l'image qu'on projette aux autres.

Vraiment, il y a lieu de s'interroger sur la conscience sociale affichée par certaines entreprises. Encore un peu et on serait tenté de donner raison à l'Action démocratique du Québec, qui propose d'imposer le costume à tous les étudiants du secondaire. L'idée revient également à chaque rentrée et il vaudrait la peine d'y réfléchir…

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