Opportunisme politique
Chronique urbaine de Jean-Claude L'Abbée
Il est de plus en plus probable que le premier ministre du Canada, Stephen Harper déclenchera des élections générales au cours de la semaine qui vient. Il contreviendra ainsi à la loi qu’il a fait adopter, loi qui prévoit la tenue d’élections générales à date fixe à tous les quatre ans.
En vertu de cette loi, il ne devrait pas y avoir d’élections avant octobre 2009. Depuis quelques mois, M. Harper tente de provoquer l’Opposition pour être défait en Chambre. Devant l’échec de cette stratégie, il accuse l’Opposition d’empêcher le gouvernement de fonctionner et prétend, de ce fait, être obligé d’aller aux urnes. Dans la vraie vie, M. Harper nous fera dépenser 300 M$ pour aller en élection un an plus tôt, parce que les sondages lui sont favorables et que son principal ennemi, le Parti libéral du Canada, est désorganisé. Le déclenchement de cette élection relève donc de la pure stratégie politique. Certains la qualifieront d’opportuniste, d’autres de cynique.
À l’aube de ces élections, il faut se demander si le bilan des Conservateurs dans notre région justifie le renouvellement de notre confiance. Même si, avec raison, le maire Labeaume s’est récemment dit insatisfait des coupures du ministre Jean-Pierre Blackburn dans les organismes de développement économique et de la lenteur du gouvernement fédéral à annoncer la reconstruction du manège militaire, il faut constater que l’argent fédéral a été généreusement distribué à Québec au cours des deux dernières années. Que ce soit pour l’agrandissement de l’aéroport, les Fêtes du 400e, le stade de soccer couvert de Chauveau, le Massif de Petite-Rivière et bien d’autres projets que nos élus sauront nous rappeler en campagne électorale, le fédéral a été au rendez-vous. On profitera d’ailleurs sûrement de cette campagne pour confirmer enfin les quelque 35 M$ pour l’agrandissement du PEPS et, qui sait, la construction du centre administratif regroupant les centaines de fonctionnaires fédéraux de la région.
Pendant de nombreuses années, nous avons souffert de n’avoir aucun député pour défendre les intérêts de notre région au sein du gouvernement fédéral. Rappelons-nous qu’avant l’élection des Conservateurs, le ministre fédéral responsable de la région de Québec était un ministre montréalais du nom de Jean Lapierre! Force est de constater qu’il est important d’avoir à Ottawa des députés locaux «du bon bord» qui, en accord avec nos élus municipaux et provinciaux, peuvent s’assurer que notre région reçoive sa part de la manne distribuée par le gouvernement fédéral.
Il est évident que le prochain gouvernement du Canada sera formé soit par le Parti conservateur, soit par le Parti libéral. Que ce prochain gouvernement soit minoritaire ou majoritaire, il est aussi évident que nous ne retournerons pas en élections générales avant quelques années (deux à quatre ans). Dans ce contexte, il serait sage de s’assurer que notre région puisse aussi compter sur quelques députés libéraux qui pourraient nous représenter si nous devions être gouvernés par Stéphane Dion. Espérons que la qualité de certains candidats du PLC nous permettra de concrétiser cette stratégie purement opportuniste et cynique. J’y reviendrai au cours des prochaines semaines.