Les lourdes plaques circulaires de métal des bouches d’égout, sont retirées périodiquement par l’opérateur du site et les trous d’homme sont alors recouverts d’un panneau de bois aménagé dans la rue afin de faciliter les vidanges des caravaniers.(Photos coutoisie)
De la merde dans le fleuve?
Fermeture prochaine des Haltes VR de la Capitale : mauvais pour l’économie; bon pour l’environnement?
Certains clients du site de camping pour motorisés, Haltes VR de la Capitale, situé à la pointe nord de la baie de Beauport, se débarrassent d’une drôle de façon de leurs eaux usées. Les lourdes plaques circulaires de métal des bouches d’égout sont retirées périodiquement par l’opérateur du site et les trous d’homme sont alors recouverts d’un panneau de bois aménagé afin de faciliter les vidanges des caravaniers.
Danielle Caron, du service des communications à l’arrondissement de Beauport, confirme qu’une plainte a été reçue la semaine dernière. Une employée de la Ville est allée vérifier de quoi il en retournait. Tout était en ordre. Pourtant, le dimanche 17 août dernier vers 11 h, des propriétaires de campeur ont déversé à nouveau leurs eaux usées dans un des trous d'homme du site. Gaétan Groleau, opérateur du site, n'y voit aucun problème.
Mme Caron confirme que cette bouche spécifique est reliée au réseau régulier d’égout. Les eaux usées suivent donc le chemin normal et transitent par l’usine d’épuration. Par contre, deux autres bouches d’égout pluvial, recouvertes seulement d’une grille et destinées à drainer l’eau de pluie, sont accessibles sur le site et celles-là se déversent directement dans le fleuve. À la Ville de Québec, on confirme qu’il est illégal et même très dangereux de découvrir un trou d’homme. Le règlement RVQ 416 prévoit des amendes jusqu’à 2 000 $ pour quiconque déverse ou permet que l’on déverse dans un réseau d’égout des substances – dont des eaux aux taux de coliformes fécaux élevés – contrevenant à la réglementation.
Problème bientôt résolu
Si problème il y a, à la Ville, on estime qu’il se réglera de lui-même, d’ici 15 jours. En effet, la Ville de Québec, en accord avec le ministère des Transports du Québec (MTQ), propriétaire du site, ferme Haltes VR de la Capitale pour de bon le 2 septembre. Depuis 2003, le MTQ renouvelait chaque été, avec l’entreprise, une entente d’entretien, de sécurisation et de mise en valeur de l’ancienne halte routière, devenue un casse-tête pour le ministère. Abandonné, l’endroit était devenu la proie de courses de drags de rue, de vente de drogue et de prostitution. En échange, le ministère autorisait l’exploitation d’un parc pour les véhicules récréatifs.
«Cette année, avec le 400e, nous avons doublé notre achalandage, affirme M. Groleau. À la fermeture, imposée au 2 septembre par la Ville de Québec, nous aurons accueilli près de 12 000 motorisés sur nos 130 sites. Une ville qui se réclame touristique se doit d’avoir près de ses principaux attraits, un site d’accueil pour cette clientèle en expansion. Il n’y a plus rien, il faut sortir à 15 km de Québec maintenant. C’est une question d’image pour la ville.» L’Office du Tourisme est d’ailleurs intervenu en faveur de Haltes VR de la Capitale auprès de la Ville de Québec, confirmant la nécessité d’une infrastructure d’hébergement de ce type à une ville touristique.
Autres plans pour le site
François Picard, à l’exécutif de la Ville de Québec, ne nie pas les 2 M$ que les opérateurs de Haltes VR de la Capitale affirment drainer dans l’économie locale. «La Ville de Québec a tout simplement d’autres plans pour l’endroit, explique-t-il. Nous voulons relier le secteur d’Estimauville, revitalisé à la baie de Beauport et le CN tient mordicus à garder sa gare de triage pour le transport du vrac. Une passerelle pour piétons et vélos au cout de 1 M$ sera aménagée au-dessus de la voie ferrée dès l’été prochain. Mais, mais nous devons contourner la fin des voies pour aménager un accès par voiture de l’avenue d’Estimauville, à l’endroit même où est situé Haltes VR de la Capitale.»