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La face cachée de la communauté gaie et… de sa fête

par Karine Desbiens
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Article mis en ligne le 26 août 2008 à 5:10
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La face cachée de la communauté gaie et… de sa fête
Olivier Poulin et Marilyn Lessard, deux des organisateurs de la Fête Arc-en-ciel.
La face cachée de la communauté gaie et… de sa fête
Quand on tente de dresser un portrait de la communauté gaie à Québec, on risque de rencontrer un mur. Plutôt une muraille remplie de questions. La communauté gaie : est-ce le 10 % des gens qui sont homosexuels? Est-ce ceux qui vivent au rythme du nightlife (saunas, bars, etc.)? Ou plutôt, ceux qui participent uniquement aux activités officielles? Et, ceux qui ne fréquentent pas les bars et qui n’ont pas d’amis gais, en font-ils partie?
«La notion de communauté gaie est moins significative, parce que c’est une communauté globale dans laquelle il y a des gais, des bisexuels et des hétérosexuels», a comme vision Olivier Poulin, coordonnateur de la fête Arc-en-ciel et du regroupement GLBT Québec (pour Gais, Lesbiennes, Bisexuel(le)s et Trans).

Comme quoi, l’idée de communauté gaie peut être biaisée et ne plus nécessairement correspondre à des stéréotypes. Ainsi, au GRIS (Groupe de Recherche et d’Intervention Sociale gaies et lesbiennes), la présidente et le coordonnateur sont hétérosexuels. «C’est une situation qu’on n’aurait pas vue il y a quelques années», rajoute-t-il.

Tout compte fait, selon Olivier Poulin, la communauté à Québec possède plusieurs modèles. Par exemple, chez GLBT Québec, un organisme qui a pour mission de lutter contre l’homophobie, on préférera plutôt parler d’une «vie gaie» que d’une «communauté» à proprement parler.
Communications et liberté
Avec le Festival d’art gai, la Fête Arc-en-ciel, la journée internationale contre l’homophobie, ainsi que la présence de plusieurs organismes sur le territoire - GRIS, magazine Sapho, Coalition gaie et lesbienne de Québec, Prisme, GLBT et différentes ressources gaies au niveau scolaire - on constate une certaine émergence au niveau communautaire. Mais, il semble aussi y avoir une effervescence du côté des communications avec Sortie (un journal qui s’adresse à la communauté GLBT) et le magazine Sapho (voué à la communauté lesbienne et bisexuelle).
Et, ça ne s’arrête pas là. Le magazine Sapho semble avoir un impact chez les femmes. «Avec la présence de groupes formés autour du magazine, on sent une certaine mobilisation. Cela crée une vie communautaire chez les femmes», reconnait Marilyn Lessard, qui fait partie du conseil d’administration de Sapho. Parallèlement, depuis peu, elle constate que de plus en plus de filles s’impliquent dans des «partys de filles», particulièrement dans le cadre de la Fête Arc-en-ciel.
Organisation jeune et engagée
Pour la 4e édition de la Fête Arc-en-ciel, GLBT Québec en est le chef d’orchestre. Son organisation est composée d’un coordonnateur et d’une équipe qui totalise une dizaine de bénévoles. Parmi eux, on retrouve des gens de tous les âges (de 20 à 70 ans). Certains davantage engagés, d’autres moins. «Il y a autant de gars que de filles, mais en majorité, ce sont des gars, plus jeunes que vieux», précise encore Marilyn Lessard, qui est avant tout intervenante communautaire au Groupe régional d'intervention sociale de Québec (GRIS), bénévole pour la Fête Arc-en-ciel et également active dans différents comités.
Quant au profil d’Olivier Poulin, le coordonnateur de cette 4e Fête Arc-en-ciel, il est tout aussi dynamique. Le jeune homme de 25 ans est engagé dans une troupe de théâtre et dans différents comités. Il a même créé, il y a plusieurs années, Arco Iris, l’association gaie du Cégep de Sainte-Foy, une formule qui a fait des petits dans d’autres collèges.
Homophobie déguisée
Bien que les mœurs évoluent, la Fête Arc-en-ciel n’est pas une fête dépourvue de sens. La lutte contre l’homophobie est toujours présente. Mais elle est plus subtile. «Parce que dans notre société actuelle, ce n’est plus valorisé d’être homophobe», répond Marilyn Lessard, qui fait également de la démystification en milieu scolaire. Reste que les gens peuvent se voir refuser un emploi ou un logement, donne-t-elle comme exemple.
Bref, en matière d’homophobie, il y a encore du chemin à faire. Olivier Poulin rappelle d'ailleurs que la Fête Arc-en-ciel se veut inclusive et que c’est l’occasion d’entrer en contact avec la diversité sexuelle qui compose la société. «Notre but consiste à démocratiser sinon dédramatiser la situation. On peut donner des clés aux gens pour mieux comprendre», complète-t-il.

La Fête Arc-en-ciel a lieu du 29 au 31 août. Information : www.glbtquebec.org.

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