Après les grandes cérémonies publiques de l'an dernier, la famille Boucher préfère se recueillir en privé pour commémorer le premier anniversaire du décès de l'ex-mairesse de Québec. (Photos archives Québec Hebdo)
«Nous formions une équipe» - Marc Boucher
Il y a un an déjà disparaissait la mairesse Andrée P. Boucher (1937-2007)
«Nous formions une équipe, Andrée et moi. Chaque victoire était la nôtre et chaque défaite l’était aussi. Entre nous deux, les choses ont toujours fonctionné comme ça.»
À quelques jours de la première année du décès de sa compagne, celle qui fut la mairesse de Sainte-Foy, ensuite de Québec, Marc Boucher dresse le bilan des «années Boucher», tant aux commandes de Sainte-Foy qu’à celles de Québec.
«Les deux réalisations d’Andrée qui ont marqué le panorama de Sainte-Foy sont la revalorisation de la plage Jacques-Cartier, ainsi que la reconstruction de l’hôtel de ville. Bien sûr, certaines personnes ne se sont pas gênées pour décrier cette dernière, mais l’avenir a donné raison à Andrée. En effet, au moment où on se parle, l’édifice abrite plusieurs bureaux administratifs, de même que l’état-major de la police de Québec. C’est tout de même quelque chose!»
Interrogé sur les faits marquants du bref passage d’Andrée P. Boucher à la mairie de Québec, Marc Boucher lance sans hésiter : «c’est, tout d’abord, l’îlot des palais! C’était une idée formidable que de mettre au jour ce témoin de notre histoire. Vous savez, la ville de Québec est reconnue mondialement pour son caractère patrimonial et j’aurais aimé que ce projet se rende à terme. Mais, le maire Labeaume en a décidé autrement et je déplore sa décision. À un moment donné, il devra bien réaliser que l’épanouissement d’une ville ne doit pas passer que par les entreprises. La qualité de vie d’une ville se base également sur la reconnaissance de ses origines.»
«L’îlot des palais, à l’image de Pointe-à-Callières, à Montréal, aurait été un véritable legs pour toute la population. Je ne suis pas contre les spectacles qui attirent des centaines de milliers de personnes, comme celui de Paul McCartney ou de Céline Dion. Ce que je dis, c’est que le 400e anniversaire de la fondation de Québec aurait constitué une formidable occasion pour léguer une partie de notre histoire aux générations futures», précise M. Boucher.
Intérêt pour la politique
«Au départ, poursuit-il, j’ai appuyé Régis Labeaume. Je me disais : à défaut de pain, on mange de la galette. Mais, donnons-lui tout de même une chance. Cependant, plus ça va, plus je vois qu’il a tendance à tirer la couverture sur son côté. À titre d’exemple, vous devez vous rappeler les incidents qui ont marqué le comité organisateur des Fêtes du 400e. M. Boulanger a été remplacé par M. Gélinas et, à entendre M. Labeaume, c’est lui qui a tout réglé le problème. Pourtant, Andrée avait déjà réalisé que les choses ne pouvaient pas durer comme ça et avait commencé à s’attaquer sérieusement au problème. Étrangement, le nouveau maire s’est accordé tout le crédit.»
À entendre le mari de la défunte mairesse, on ne peut s'empêcher de déceler un certain intérêt pour la politique municipale. Il ne s'en cache pas, loin de là. «Je n’exclus pas moi-même une participation aux prochaines élections municipales, à titre de conseiller indépendant. C’est à mon avis, confie-t-il, la façon qui respecte le mieux la démocratie. Le maire soumet des idées et les indépendants l’acceptent ou la rejettent. C’est ce qui se fait ailleurs au Canada et ça fonctionne bien.»
Un an déjà
À la veille de la commémoration du décès de sa conjointe, Marc Boucher préfère se recueillir en privé, avec les membres de sa famille lors d’une messe commémorative, plutôt que de participer à une cérémonie collective. «En septembre, indique-t-il, la Ville devrait nommer l’ancien hôtel de ville de Sainte-Foy, l’Édifice administratif Andrée P. Boucher. Je vais remettre à l’arrondissement les deux drapeaux qui ont été déployés à l’occasion du décès d’Andrée, celui qui recouvrait son cercueil et celui qui était en berne à l’hôtel de ville de Québec. Ce serait une belle façon de nous souvenir d’elle que de les installer dans le hall d’entrée de l’édifice.»
«Entre-temps, je me rappelle les bons moments que nous avons eus, Andrée et moi. Nous nous sommes mariés et nous nous sommes aimés. Nous avons eu de bonnes disputes - nous sommes tous les deux des gens obstinés - et, en politique, nous avons gagné ensemble, perdu ensemble et je l’ai toujours encouragée à foncer. Sa détermination m’a donné le goût de faire ma part, à ma façon», conclut M. Boucher.