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Beauport, premier rempart de Québec!

Un brin d'histoire avec la Société d'art et d'histoire de Beauport

Article mis en ligne le 24 août 2008 à 16:30
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Beauport, premier rempart de Québec!
Une photo du milieu du 20e siècle de la Villa Montcalm (maison Parent réquisitionnée pour servir de quartier général au Marquis Montcalm).
Beauport, premier rempart de Québec!
Un brin d'histoire avec la Société d'art et d'histoire de Beauport
En 1759, la seigneurie de Beauport est sur un pied de guerre. Convaincu que Wolfe va répéter la stratégie de Phipps en 1690 et tenter de prendre Québec par l’est, Montcalm, le lieutenant général des armées en Nouvelle-France, fait fortifier la côte, vulnérable de par sa topographie.
Du 29 mai au 4 juillet, nuit et jour, il met en place un important système de défense entre l’embouchure de la rivière Saint-Charles et le sault (chute) Montmorency. À l’ouest, il fait construire deux têtes de pont pour fermer le passage à gué de la rivière Saint-Charles. Sur la côte, une dizaine de redoutes, batteries et redans forment une longue chaîne de retranchements. À l’est, trois postes de garde défendent enfin les gués de la rivière Montmorency. Plus de 10 000 soldats français et miliciens canadiens sont sur les lieux pour protéger Québec.

Le marquis de Montcalm installe son quartier général dans une vaste maison en contrebas de la redoute de la rivière Beauport, au sommet du coteau de Giffard, d'où il peut observer l'activité fluviale de l'île d'Orléans jusqu'au cap Diamant. Trois autres maisons sont réquisitionnées pour abriter des officiers, tandis que les soldats et miliciens trouvent refuge dans des campements sommaires.
La côte de Beauport résiste
Les ouvrages militaires sont terminés juste à temps, puisque l’armée de Wolfe arrive en vue de Québec à la fin de juin. Le 9 juillet, Townshend et Murray débarquent près de L’Ange-Gardien et dressent un campement sur la rive est de la rivière Montmorency. François Gaston de Lévis défend les environs de la chute, Montcalm est posté sur le coteau de Giffard et Vaudreuil surveille les abords de la rivière Saint-Charles.
Le 26 juillet, une première escarmouche a lieu aux gués, en amont de la rivière Montmorency. Le lendemain, on tente vainement de mettre feu à la flotte britannique au moyen de brûlots (petits navires chargés d’explosifs et de matériaux inflammables, lancés sur les vaisseaux ennemis).

Le 31 juillet, l'armée anglaise attaque. Armé de 60 canons, le Centurion pénètre dans le chenal. Les batteries anglaises canardent la côte tandis qu’une colonne de 2 000 fusils se déploie à la hauteur des gués et au bas de la chute Montmorency. À la tête de soldats, de miliciens et d'alliés amérindiens, Lévis décime l'ennemi, qui bat en retraite laissant quelque 500 cadavres derrière lui.

La côte de Beauport résiste cette fois à l’armée britannique. Cependant, le soir du 12 septembre, des navires anglais feignent s'approcher de la côte, tandis que d'autres passent devant Beauport sans s'arrêter. Ils se dirigent vers l'anse au Foulon, mais ceci est une autre histoire…
Le quartier général de Montcalm
Porteuse d’artillerie, la redoute de Beauport pouvait contenir une centaine de soldats. De forme irrégulière, plutôt trapézoïdale, elle mesurait entre 30 et 38 mètres (son côté le plus long, au sud). L’espace intérieur atteignait approximativement 475 m2. L’unique entrée était située au sud-ouest, indiquant que la redoute était destinée à se défendre d’une attaque venant de l’est et du nord.
Montcalm a préféré s’installer à proximité de la redoute. La maison de François Parent, en contrebas de l’ouvrage militaire, était toute désignée pour lui servir de quartier général. Au XIXe siècle, la maison de ferme a pris des allures de villa. Une allée sinueuse de plus de 60 m conduisait à la maison longue et basse, appelée Mount Rose. Mesurant près de 20 m sur 10 m, elle était dotée de quatre cheminées (dont trois fonctionnelles). Trois autres maisons des environs, dont deux existent toujours, ont également servi de quartiers pour les officiers de Montcalm.
Sur les traces d’un passé glorieux
Le dimanche 24 août prochain, la Société d’art et d’histoire de Beauport, dans le cadre du mois de l’archéologie, vous invite à juger de l’importance stratégique de ce lieu historique d’intérêt national, partie négligée des fortifications de Québec. L’activité gratuite aura lieu (beau temps, mauvais temps) à deux reprises : 13 h et à 15 h, au Centre de loisirs « Le pavillon Royal », 3365, chemin Royal à Giffard (devant l’église de Giffard) à ne pas confondre avec l’avenue Royale. Pour information : www.sahb.ca ou (418) 641-6065.
* (Collaboration spéciale Paul Labrecque et Denyse Légaré, en collaboration avec la SAHB)

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